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Entourées de mystère encore aujourd’hui, les origines du château d’Erguël restent obscures, de même que les débuts de l’histoire des Sires d’Arguel qui donnèrent leur nom à la région. Originaires de FrancheComté, les Sires d’Arguel obtinrent à une date inconnue, l’avouerie – une charge détenue par un laïc, consistant à défendre les intérêts temporels d’une institution religieuse – sur la région. Ne se plaisant pas dans nos contrées, le chevalier Otton d’Arguel remet sa charge d’avoué à Henri de Neuchâtel, évêque de Bâle en l’an 1264.
Au 17e siècle, le château est habité par un gardien et bénéficie de diverses restaurations et réparations suite aux destructions provoquées par la guerre de Trente ans. Peu à peu, le château est abandonné et l’on prend la décision de ne plus l’entretenir en 1754. Le château passe ensuite de main en main avant d’être finalement acquis en 1845 par la bourgeoisie de Sonvilier. Le château tombe en ruine. Les habitants de Sonvilier y prélèvent des matériaux destinés à des constructions privées.
Un relent d’intérêt pour le château d’Erguël apparaît aux cours du 19e et du 20e siècle. Premièrement grâce à Auguste Piquerez, historien qui va lui consacrer une étude et ensuite grâce à Antoine Biétrix qui sera chargé de fouiller les ruines. Il réalisera deux maquettes du château qui sont aujourd’hui exposées au musée de Saint-Imier et à celui de Sonvilier. En 1929, les ruines du château sont placées sous la protection de la Confédération.
Grâce à l’intervention de l’historien Paul Flotron, des travaux sont entrepris en 1929 et 1931 afin de restaurer la tour et de la consolider. L’opération fut menée sous l’égide d’un comité de restauration mandaté par la section d’Erguël de la Société jurassienne d’émulation. En 1962, Hugo Schneider, président de l’association suisse des châteaux explique: «La sauvegarde de la ruine est une nécessité absolue, on n’a même pas le droit de poser la question». En 1964, des joints sont remplacés mais malheureusement, le mortier utilisé contenait trop de ciment, ce qui provoquera la plupart des dégâts qui nécessiteront de nouveaux travaux à la fin du siècle.
Suite à de nombreux effondrements et une végétation envahissant les lieux, une commission pour la restauration des ruines du château d’Erguël est créée afin d’élaborer un projet en collaboration avec le Service archéologique du canton. Des mesures d’urgence sont prises. On fait clôturer la zone devenue dangereuse, et on déboise. C’est en 1997 que la restauration proprement dite débute en entamant les travaux par le donjon puis en continuant avec les murs encore visibles. La décision de ne pas dégager les murs enfouis est prise, une fouille archéologique ne pouvant pas être prise en compte. Le coût total des travaux est estimé à 300 000 francs.
Le château d’Erguël était autrefois constitué d’un double bâtiment principal, d’un petit bâtiment avec une cour et d’une tour carrée adossée à un donjon. En se baladant le long du flanc de la chaîne du Chasseral, les promeneurs pourront encore apercevoir la partie inférieure du donjon, un pan de la tour le touchant ainsi que quelques murs. /LP
La légende de la Dame blanche
Comme toutes les légendes de «femme blanche» apparaissant de nulle part un jour particulier de l’année, l’histoire de la belle Philipine aux cheveux d’ébène et aux grands yeux noirs est triste. Tous les chevaliers souhaitaient l’amour de la belle mais personne n’arrivait à gagner le coeur de la fille du seigneur d’Erguël. Elle était secrètement amoureuse de Pierre de Gliers, seigneur de Chauviller. A la suite d’un tournoi où Gliers avait brillé, Philipine s’ouvrit à son père mais il s’emporta et réprimanda sa fille. Ce qui devait arriver arriva... Les amoureux se rencontraient secrètement et le jeune homme décida d’enlever la belle Philipine à minuit, le soir de Noël.
La soirée tant attendue arriva, la jeune fille s’éclipsa mais au moment où le chevalier heureux voulut la faire monter sur son cheval, une flèche traversa sa cuirasse et il resta sans vie. Philipine s’enferma dans la blanche tourelle, inconsolable. Plus personne ne la vit et il fut impossible de lui faire quitter sa chambre. Elle se laissait mourir de faim, priant toutes les nuits durant sous la lumière blafarde d’un flambeau. Un matin comme les autres, la garde du château vit s’envoler une colombe de sa fenêtre, la fiancée de l’Erguël était morte. Depuis, tous les ans à minuit, sur le chemin des ruines, on rencontre le fantôme d’une jeune fille errant, gémissant et pleurant. /lp
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