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Super canton: les doutes de Gisèle Ory

Pierre-Alain Brenzikofer

Conseillère d’Etat neuchâteloise socialiste nouvellement élue, Gisèle Ory a grandi à Bienne. Elle est accessoirement la fille d’André Ory, ancien vice-chancelier du canton de Berne et «auteur» de ces fameux plébiscites en cascade que Jean-Pierre Graber qualifie de chef-d’œuvre politique et démocratique.

Selon elle, le rôle du canton de Berne et sa dimension bilingue sont toujours d’actualité: «A Berne, on parle très bien le français et les Biennois sont des bilingues par excellence.»

Quant au projet de super canton avec Neuchâtel, l’intéressée note qu’on peut toujours réfléchir à des collaborations, voire les augmenter: «Mais les populations sont très différentes. J’ai pu le constater lorsque je planchais sur le projet de Parc naturel du Doubs. Il est très difficile de les réunir. Entre le Clos-duDoubs et les Montagnes neuchâteloises, la différence de mentalité est frappante.» Pour ce qui est du Jura bernois, précisons que seule la commune de La Ferrière était concernée.

C’est pourquoi Gisèle Ory estime que ce super canton ne se fera pas demain. «Peut-être après-demain. Il convient déjà d’être pragmatique, donc de favoriser les collaborations là où elles sont nécessaires. C’est le cas de la HE-Arc, où nous sommes dépendants les uns des autres pour exister au niveau romand.»

Voit-elle cependant une solution à la Question jurassienne? «Le temps! Peu à peu, il va faire oublier les conflits et permettre aux gens de redevenir partenaires. Avec la création de régions, il faudra bien apprendre à travailler ensemble. Mais aussi probablement imaginer d’autres entités que celles de l’époque plébiscitaire, quitte à prendre aussi en considération le Jura vaudois...» /PABR

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