
L’ objectif de la soirée était limpide: reconstituer une majorité bourgeoise au gouvernement, comme l’a souligné l’organisateur Roland Benoit. Quant à Claude Röthlisberger, président de l’UDC JB, il a tenu à excuser l’absence du conseiller national Ricardo Lumengo: «Il prépare sa défense avec l’aide de Philippe Perrenoud», a-t-il ironisé.
Plus sérieusement, les quatre champions bourgeois ont pu apporter leur vision du futur. A ce petit jeu, Hans-Jürg Käser, actuel président radical du Conseil exécutif, s’est dit désireux de poursuivre sa tâche à la tête de la Police. «C’est une direction proche de la population, avec la police et l’Office de la circulation routière.» L’homme a plaidé en faveur de la sécurité publique, en ville comme dans la campagne. Selon lui, trop de mineurs font ce qu’ils veulent sans qu’on s’en intéresse. C’est pour ça qu’il entend s’engager contre la violence dans les stades et ailleurs. Côté migration, la dimension humanitaire du pays doit être préservée. «Mais la Suisse et le canton ne peuvent pas accueillir tous les pauvres du tiers-monde.» Evoquant la «prétendue Question jurassienne», il a rappelé le rôle de pont du canton et vanté le statut particulier du Jura bernois «qui doit rester dans ce canton. Nous n’avons pas peur d’un référendum éventuel sur le sujet.»
Candidat UDC de l’Oberland, Albert Rösti a rappelé ses origines paysannes. Ingénieur agronome diplômé, cet ancien premier secrétaire de la Direction de l’économie publique a dû s’occuper du dossier de la Boillat: «Un chapitre triste qui m’a néanmoins permis de défendre les intérêts de cette région.» Actuel directeur des producteurs de lait, il a dit faire tout ce qui était en son pouvoir pour améliorer la situation. L’homme juge que le canton doit baisser les impôts et plaide pour une bonne coexistence entre régions urbaines et rurales. Albert Rösti aimerait que l’Etat lutte contre l’accord de libre-échange relatif à l’agriculture qu’il juge dangereux. Il entend enfin soigner le bilinguisme, un atout important pour le site économique que Genève et Zurich ne possèdent pas.
Régional de l’étape, le candidat radical de Moutier Sylvain Astier a jugé capital que la famille bourgeoise se serre les coudes pour reprendre la majorité grâce au siège du Jura bernois. «Actuellement, le Jura bernois est inexistant sur le plan romand. Je me propose de changer cet état de fait.»
En matière de santé, il a pris comme exemple l’Hôpital du Jura bernois, qui est très bien géré et génère des coûts modérés. Pour lui, il conviendrait de faire de même dans l’Ancien canton. Sylvain Astier s’est dit opposé à la fermeture d’hôpitaux, ces établissements jouant un rôle clé dans l’économie. Côté école obligatoire, il a plaidé pour une meilleure intégration dans la Suisse romande et rompu une lance en faveur de la HE-Arc. Le candidat a enfin souhaité qu’on puisse vivre ici en liberté, avec et dans le canton de Berne.
Enfin, l’actuel directeur de la Justice agrarien Christoph Neuhaus a rappelé son passé de secrétaire général de l’UDC bernoise et de conseiller municipal à Belp. Cet ancien journaliste a aussi été le chef de la communication de l’Euro 2008. Evoquant le Jura bernois, il a mis en évidence le bilinguisme du canton et son rôle de pont. Les trois districts font ainsi partie du deuxième canton suisse. Le statut particulier permet au Jura bernois de conserver son identité. A l’entendre, cette région n’aurait pas intérêt à rejoindre le Jura, tourné essentiellement sur Bâle. Bref, le maintien du Jura bernois dans ce canton est aussi dans l’intérêt de la Suisse pour des questions de cohésion nationale.
L’avenir de l’AIJ? Pour Sylvain Astier, il faut renforcer le CJB pour qu’il soit la seule voix du Jura bernois. Celle de l’AIJ devra s’atténuer. Selon Christoph Neuhaus, la position du gouvernement est claire: c’est d’abord à la population concernée de se déterminer. A entendre les réactions de la salle, elle l’a déjà fait... /PABR
Freysinger soutien de l’UDC JB!
«L’UDC du Jura bernois tient à remercier la population de Moutier pour son vote en faveur de l’initiative antiminarets. C’est pour cette raison que nous avons invité dans cette ville l’icône vivante de ce combat victorieux», jubile Claude Röthlisberger, président de l’UDC JB
Conseiller national agrarien, le Valaisan Oskar Freysinger ralliera effectivement la Prévôté et plus précisément la Sociét’halle, le lundi 8 mars prochain, à 20h. Il se fera pour l’occasion l’auteur d’un exposé consacré à la sécurité et à la liberté d’expression. Les candidats de l’UDC aux élections cantonales seront évidemment de la fête. Le radical Sylvain Astier a par ailleurs promis de faire un saut à la Sociét’halle ce soir-là.
Bref, comme on disait sur TF1, une sacrée soirée! /pabr
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