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Médaille d’or pour la tête-de-moine de la fromagerie de Fornet-Dessous

Le fromager de Fornet-Dessous a remporté la catégorie des fromages àpâte mi-dure, la plus disputée des 6es Olympiades de fromages demontagne. La tête-de-moine de Daniel Amstutz est la meilleure du monde,qu’on se le dise! Cette médaille d’or récompense aussi le travail detout une équipe.

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Gérard Stegmüller

Du bronze à Vérone (It) en 2005. De l’argent à Oberstdorf (All) deux ans plus tard. La consécration ce week-end. Les 6es Olympiades des fromages de montagne ont formidablement réussi à Daniel Amstutz. C’est bien simple: sa tête-de-moine est la meilleure de la planète. De sa fromagerie de Fornet-Dessous dans le Jura bernois, il sort annuellement 600 000 pièces du fameux fromage de Bellelay. «On fabrique 1935 têtede-moine par jour» relate celui qui est tombé dans la cuve dès son plus jeune âge. «Mon papa, fromager, s’est installé à Fornet-Dessous en 1958. En 1991, j’ai repris l’affaire avec mon frère. Depuis 2005, je suis seul aux commandes.»

Encore que. Daniel Amstutz est un faux modeste. Il refuse de tirer la couverture à lui tout seul. «Mon fils est aujourd’hui à mes côtés. Nous sommes une dizaine dans l’équipe. C’est un tout.» Exactement 64 médailles ont été distribuées à Saignelégier. Les fromagers suisses en ont remporté 39. Le jury composé de 100 personnes – elles étaient invitées... – a testé 631 fromages. Ces braves ont frôlé l’indigestion. Heureusement, les stocks de damassine étaient à la hauteur de l’événement.

Tiens! Au sujet du stock, Daniel Amstutz (49 ans) a entreposé, dans sa cave près de 150 000 têtes-de-moine. «C’est une passion. Mais cette médaille d’or, c’est vraiment le top. Ma reconnaissance va envers tout le monde» L’homme et son staff assurent à eux seuls plus de 20% de la production suisse. Ils achètent sept millions de litres de lait par année. Uniquement dans la région (Saulcy, Lajoux, Loveresse notamment) Les producteurs, ces lanceurs de botte? «Ceux qui ont fait ça vendredi sont des mauvais producteurs. Ils se sont mis un formidable autogoal. Ils devraient devenir commerçants avant d’être des râleurs. Ils devaient soutenir les Olympiades. Au lieu de ça, ils ont été mauvais et méchants.»

Daniel Amstutz n’est pas du genre à botter en touche. «Sa» catégorie des fromages à pâte mi-dure recelait 186 produits. C’était de loin la plus disputée. Son secret? On le livre en vrac: il n’y en a pas! Si ce n’est celui de se lever quotidiennement à quatre heures du matin. «A Quatre heures et quart, on démarre.! La ligne est tracée. Dans la famille, la tête-de-moine, c’est génétique. Financièrement, cette médaille d’or ne va rien me rapporter. Mais la reconnaissance n’a pas de prix. Emotionnellement, c’est énorme. De la tête-de-moine, je peux en manger tous les jours. Je n’en suis jamais dégoûté. C’est comme le pain! Et on peut toujours s’améliorer».

Motard en ses heures de libres. Et en side-car s’il le faut. «Je suis déjà allé jusqu’au Portugal.» S’il a de la suite dans les idées, le fromager de Fornet-Dessous pourra pousser jusqu’au Japon, Canada et Mexique. Car ces trois pays ont été à l’honneur à l’occasion de ces Olympiades des fromages. Ce n’était pas comme à l’école des fans, où il n’y avait que des gagnants., mais on se doit de mentionner que le concours comprenant 15 catégories et 19 sous-catégories. En clair, beaucoup ont eu droit à une distinction. Florilait SA à Courtételle avec son Petit Jura a glané le bronze dans les fromages à pâte molle à croûte emmorgée. Un mot qui ne figure même pas dans le dictionnaire.

Des goujats. /GST


Une foule immense a envahi Saignelégier

Les 6es Olympiades des fromages de montagne ont fonctionné à plein. Hier après-midi, le cortège dans les rues de Saignelégier a rassemblé une foule immense. «Comme au bon vieux temps de la Fête du peuple», faisait remarquer un habitué des grands événements. La foule a apprécié le défilé qui réunissait une trentaine de productions. «C’est un peu comme au Tour de France. On attend longtemps et ça passe vite», affûtait au micro l’irremplaçable Jean-Marc Richard, enrôlé par des organisateurs qui ne sont pas près de regretter d’avoir engagé pour l’occasion le Michel Drucker de la TSR.

Pour ceux qui l’ignorent encore, qu’ils sachent une fois pour toutes que Jean-Marc Richard est un enfant du Noirmont. Et quand il débarque aux Franches-Montagnes, cet excité du plateau et du micro ne se sent plus. Comme dit, il fait toujours bon revenir chez soi! Le cortège s’est élancé depuis la gare jusqu’à la halle du Marché-Concours, un outil de travail comme on n’en fait plus. Petit couac: les CJ ayant la priorité, les barrières se sont baissées à deux reprises... /gst


On ne passe pas la douane comme ça

Ordre et discipline «Ils n’ont vraiment rien d’autre à foutre?» Pas content ce Jurassien quand on lui a appris que certains pays avaient rencontré des problèmes à la douane avec leurs «frometons». Ce qui fut notamment le cas pour des concurrents italiens et japonais. La coke était à l’intérieur?

Aux anges l’animation

folklorique des ces 6es Olympiades des fromages de montagne était l’affaire d’Antoine Flück. Toujours présent lorsqu’il s’agit de mettre en avant la région, le plus célèbre habitant du Peu-Péquignot ne s’est toutefois pas trop creusé la «nénette» au moment de la programmation. Les Alpin Vagabunden le vendredi, les Aidjolats le lendemain. Tout sauf sorcier, mais les gens ont sauté dans la combine les deux pieds joints. Sacré Antoine, va!

Au repos l’épisode

rocambolesque du vendredi et les bottes lancées à l’encontre de la conseillère fédérale Doris Leuthard par des producteurs de lait revendicateurs ont fait que la police jurassienne avait délégué – en civil – ses plus fins limiers samedi et hier à Saignelégier. Ce fut le calme le plus complet. Même pas la moindre empoignade. Se seraient-ils trompé de jour? /gst

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