Vous êtes ici

Le Gore Virat, un joyau du Raimeux

Dévalant le Raimeux pour arriver dans le village de Corcelles, le ruisseau du Gore Virat offre aux promeneurs un magnifique spectacle. Mais le Gore Virat, c’est aussi de l’or bleu pour la population et un acteur dans le fonctionnement du Martinet de Corcelles.

  • 1/9
  • 2/9
  • 3/9
  • 4/9
  • 5/9
  • 6/9
  • 7/9
  • 8/9
  • 9/9
zurück

<span style="font-style: italic;">Michael Bassin</span><br><br>Jaillissant sur le flanc sud du Raimeux, à quelque 990 m d’altitude, le Gore Virat file jusqu’au village de Corcelles pour embrasser le Gaibiat. Gracieux et sauvage à la fois, le Gore Virat respire aussi un peu le mystère. L’origine de son nom n’est d’ailleurs pas certaine. Mais comme le suggère Henry Sutter, qui recense sur internet une multitude de noms de lieux en Suisse romande, il faut certainement remonter à «Gor», flaques d’eau retenues par de petits barrages de calcaires (un étang, une marre et par extension un torrent), et à «Vire», un replat étroit le long d’un escarpement montagneux. Selon la période de l’année, le Gore Virat se montre plus ou moins docile. Après la fonte des neiges, il démontre sa puissance. «Il nettoie tout sur son passage», relève André Jordi, le fontainier de Corcelles, qui a vu le ruisseau une fois à la peine, c’était lors de la canicule de 2003.<br><br>En partant de la gare ou du centre du village de Corcelles, le marcheur trouvera toutes les indications nécessaires permettant d’emprunter le sentier du Gore Virat. L’ascension (environ 1h20) nécessite toutefois de solides mollets (dénivellation de 450 mètres). Mais le spectacle proposé, par les chutes notamment, en vaut la peine. Une fois arrivé au premier pont, le promeneur à l’âme aventurière – et sûr de son coup – trouvera sur sa gauche, plantés dans la roche, des fers lui permettant d’effectuer une «miniferrata» sur quelques mètres. Les promeneurs conventionnels n’auront, eux, qu’à suivre le balisage. Un peu plus haut, une deuxième passerelle en bois permet d’admirer une «marmite» dans laquelle les plus courageux se rafraîchissent.<br><br>Une fois arrivé sur le plateau du Raimeux, le promeneur bénéficie d’une multitude de possibilités pour poursuivre sa balade. Sans effort, il peut se rendre au point de vue de Crémines. Si la motivation est toujours au rendez-vous, il peut tirer jusqu’au Signal, un lieu-dit où trône une tour d’observation datant de la Première Guerre mondiale. Sise au sommet du Raimeux, soit à 1302 mètres, et haute d’une dizaine de mètres, cette tour offre une vue imprenable en direction du Jura, de la France et de l’Allemagne. Aujourd’hui, elle est entretenue par la Société d’embellissement et de développement de Moutier. Pour la descente, le marcheur dispose une fois encore d’une kyrielle de chemins. Il peut par exemple emprunter le sentier botanique réalisé dans le cadre de la Réserve forestière du Raimeux.<br><br>Si le Gore Virat coule de tout son long sur Corcelles, sa source se trouve, pour quelques mètres, sur le territoire de Crémines. Les citoyens de Corcelles boivent bien de l’eau du Gore Virat, mais pas de celle du ruisseau apparent. Les tests de coloration qui ont déjà été effectués n’ont pas permis de déterminer avec précision d’où provient l’eau consommée. /MBA<br><br><br><span style="font-weight: bold;">Bienfaits de l’eau fraîche</span><br><br>Tremper les pieds (ou plus) dans le Gore Virat, c’est possible. Mais l’eau fraîche du ruisseau peut être utilisée pour d’autres occasions… «Pour certaines personnes du coin, la tradition veut qu’une fois arrivées à la station de pompage (n.d.l.r: qui permet ensuite d’alimenter les fermes et les chalets du Raimeux), elles sortent la fée verte du sac», glisse en guise d’anecdote Charles Ramseyer, le maire de Corcelles. Du spiritueux, l’eau du Gore Virat passe aussi, parfois, au spirituel.<br><br>En septembre 2008, de jeunes prévôtois de la paroisse catholique se rendant au chalet Saint-Georges pour leur confirmation ont pris un peu d’eau à la source afin de procéder à un baptême. L’eau du Gore Virat, c’est pour tous les goûts! /mba<span style="font-weight: bold;"><br><br><br>Quand le travail du fer coule de source<br><br></span>Le village de Corcelles se situe sur ce que l’historien Quiquerez appelle «la route du fer», qui reliait Erschwil (SO) à Crémines. Désormais connu au-delà du Jura bernois, le Martinet de Corcelles est une forge hydraulique placée au bord du ruisseau le Gaibiat (la Gabiatte pour certains). Et devinez par qui est renforcé le Gaibiat? Par le Gore Virat évidemment!<br><br>Tout laisse supposer que le bâtiment qui abrite le martinet fut d’abord un moulin à grains et qu’il devint taillanderie (fabrication et commerce d’articles pour couper et tailler) en 1791. Au Martinet de Corcelles, deux roues à augets actionnent le marteau (d’où le nom de martinet) et la meule. L’atelier n’a subi que peu de modifications. Il est conservé tel qu’il a été laissé par le dernier taillandier à son décès en 1954. Plus de 300 outils ont été répertoriés, témoins de la maîtrise acquise par les martinatiers dès la fin du 19e siècle, indique une plaquette consacrée au site.<br><br>Le Martinet de Corcelles se distingue à l’échelle du pays, puisqu’il est encore susceptible de fonctionner! Depuis 1987, il est géré par la fondation Ankli, qui a pour buts de conserver et de mettre en valeur le vénérable bâtiment qu’elle a acquis. Pour ce faire, des visites sont organisées et des démonstrations sont effectuées par un forgeron.<br><br>Vice-président de la fondation – et président par intérim –, Sylvio Casagrande, de Courtelary, recherche ardemment de nouvelles forces afin que les missions de la fondation puissent perdurer. Les personnes intéressées par une visite ou pour s’investir dans la fondation peuvent se renseigner au 032 944 10 85. /mba<br><br><br><span style="font-weight: bold; font-style: italic;">Pour découvrir les autres photos, cliquez sur la photo ci-dessus.</span><br><br>

Articles correspondant: Région »