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La pluie ne l'étouffe pas

Pour la 14e fois en ce mois de juillet, l'illustre trouvère pyromane jurassien a refait des siennes jeudi à Saules. Une brûlante combine estivale que plus personne dans nos campagnes ne semble aujourd'hui maîtriser.

La pluie ne l'étouffe pas
Rose-Mary Voiblet

Il pleut, doucement mais sûrement sur Saules et sa Combe de Joseveron. Scellée depuis peu à ce lieu-dit, entre le toit du village et le pied de sa montagne, l'imposante grange de la famille Grosjean s'est habillée de lumières. Il est 18h, et après ces grosses chaleurs, le ciel et la terre semblent pour un temps avoir passé un pacte de non-agression. Les gouttes pourtant se resserrent, c'est l'averse. Sur le chemin pentu de La Citadelle, le monde déjà se presse, se presse encore et n'arrête plus de se presser. Autour des tables dans la grange, les bancs se remplissent et avec les bottes de foin, les moindres recoins sont pris d'assaut.

Dans les effluves de grillades orientales, de légumes et de crêpes Nancy, les supporters de Saint Christophe sont venus en force. Au vu de la météo du soir, on en attendait une bonne centaine, peut-être deux? Ils seront plus de trois cents à sauter de joie à Saules.

Sur le char à pont entouré d'une ribambelle joyeuse de petits hommes, distraitement l'artiste gratte ses premières cordes. L'étincelle jaillit. Instantanément, sa flamme se propage au coeur du public. Plus rapidement que sous le soleil brûlant des jours précédents, la température comme l'atmosphère dans la grange s'emballent. Debout sur les bancs et les tables, on danse, on frappe le rythme. La bouche toute pleine encore de délices, on chante avec le maître ses refrains de campagne. D'un même élan aux premières loges, les bouts de choux tournent la girolle, grands et minis prennent le train ou la caravane sur les épaules de leur chameau de papa. De la Mandchourie au Mexique, en passant par le village d'à côté et derrière chez l'Alice, c'est le délire. Y a pas à dire, dans sa campagne d'été, notre barde d'Asuel, Christophe est bien le Meyer.

Et si les gens de Saules, comme ceux d'ailleurs, ont eu la chance de le croiser et de l'aimer jeudi soir, c'est grâce à Elie Grosjean, à son épouse Roubina Kouyoumdjian-Grosjean d'origine arménienne née au Liban et à leurs enfants Aurèle, 8 ans, et Mané, 4 ans, qui un jour décidaient de lui ouvrir leur porte. Conseiller communal depuis huit ans, après avoir embrassé la profession d'ébéniste, Elie Grosjean vit aujourd'hui, sur la ferme paternelle, sa véritable passion d'agriculteur. Son cheptel, une vingtaine de bêtes qu'il élève pour la viande. Commencée il y a deux ans, la grange de la Combe de Joseveron devrait être un jour équipée de 370 m² de panneaux solaires photovoltaïques. Un projet qui, pour l'heure, vu le manque de subventions, reste sur une liste d'attente. /RMV

Mots clés: Saules

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