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A la découverte des fromages biodynamiques

La série du JdJ consacrée aux fromages rend visite cette semaine à Andreas Wälle, agriculteur à Renan. L'homme de 43 ans a la particularité de suivre les préceptes de l'agriculture biodynamiques, inspirés de l'anthroposophie. Le lait de ses vaches et de ses chèvres est à l'origine de fromages primés, comme le Bio-Renan ou la Tomme des Convers.

A la découverte des fromages biodynamiques
A la découverte des fromages biodynamiques (Video)
Michael Bassin

Les fromages labellisés Demeter - donc produits selon une agriculture biodynamique - ne débordent pas des rayons de nos supermarchés. La confidentialité du produit s'explique aisément: les agriculteurs respectant les principes biodynamiques ne courent ni les rues, ni les champs. On en trouve toutefois quelques-uns dans la région. Preuve en est à Renan, avec Andreas Wälle.

Une visite de la ferme située à l'Envers des Convers illustre mieux que de longues théoriques ce qu'est l'agriculture biodynamique. Ici, les vaches brunes pures et les chèvres saanen montrent fièrement leurs cornes. «Oui, c'est important pour moi que ces animaux possèdent leurs cornes. Mais c'est surtout important pour eux!», explique Andreas Wälle. D'ailleurs, l'agriculteur de 43 ans dit constater une différence de caractère entre une chèvre munie de cornes et une chèvre écornée. «Et puis, vous ne trouvez pas étrange qu'un bouc sans cornes peut donner naissance à des petits hermaphrodites?», questionne-t-il. Un prospectus affirme que «les paysans Demeter agissent en harmonie avec la nature». On en est désormais convaincu. A Renan, les chevaux sont, dans la mesure du possible, utilisés pour les travaux des champs et le bétail se déplace en stabulation libre. Inutile de s'attarder sur l'insémination artificielle, jugée «impensable» par le souriant et calme agriculteur des Convers.

La productivité à tout prix n'existe donc pas chez Andreas Wälle. Ses six chèvres, qui sont à l'origine d'une tomme primée aux Swiss Cheese Awards 2006, constituent par exemple «un hobby». Il y a quelques années, ce lait de chèvre nourrissait les veaux. Aujourd'hui, quelque 3000 litres par année partent chez le fromager imérien Josef Spielhofer. Mais pas question de multiplier la population de caprin juste pour le fun.

Dans la démarche des agriculteurs biodynamiques figure une dimension quasi spirituelle. «Je conçois ma ferme comme un organisme. Pour qu'il fonctionne bien, il faut un équilibre entre les différents organes», confie Andreas Wälle. Les champs, les vaches, les poules, les arbres, les pigeons: tout ce qui tourne autour de la ferme joue un rôle dans cet équilibre. La famille - Andreas Wälle et son épouse ont quatre enfants - aussi. Appartenant au Centre professionnel de Renan, qui accueille des personnes handicapées, la ferme de l'Envers 53 intègre également des résidants.

Andreas Wälle ne s'est pas improvisé agriculteur biodynamique du jour au lendemain. Quatre années de formation et des séjours dans plusieurs fermes ont été nécessaires. Aujourd'hui, dans la ferme de Renan qu'il loue depuis neuf ans, il applique cette philosophie de très près. Une manière très précise de voir la vie et l'agriculture. Et pourtant, cela ne fait en aucun cas d'Andreas Wälle une personne méprisante face à ceux qui ne vivent pas ainsi. /MBA

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