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Hello Dolly! Ou quand les fromages se déclinent au féminin

Ambassadrice de charme de la tête-de-moine, Dolores Kämpf, de Courtelary, a porté haut les couleurs de la région lors des dernières Olympiades des fromages à Oberstdorf, en Allemagne. Et toujours avec le sourire. Cela méritait bien un coup de chapeau. 

Hello Dolly! Ou quand les fromages se déclinent au féminin
Hello Dolly! Ou quand les fromages se déclinent au féminin (Video)
Marcello Previtali

«Je n'aime pas trop parler de moi et me mettre en avant», déclare-t-elle d'entrée. Aïe, c'est plutôt mal parti. L'entretien s'annonce délicat avec notre charmante hôtesse Dolores Kämpf, dit Dolly. «Ici, c'est mon mari qui fait tourner la baraque. Et si je participe aux Olympiades des fromages, c'est pour l'accompagner et le soutenir». Timide et modeste, la fromagère de Courtelary. Et pourtant à Oberstdorf il y a deux ans, elle a tenu la vedette avec ses deux acolytes féminines porte-drapeaux, Patricia Isler et Nathalie Barthoulot. Au nez et à la barbe de son mari et de tous les autres hommes présents. Malgré elle.

«Des moments inoubliables», s'exclame-t-elle aujourd'hui, les yeux encore pétillants de souvenirs. Surtout le dernier jour lorsque nous avons reçu la flamme. Sur la scène, j'étais fière de représenter ma région, mon pays et mon mari en lice avec ses deux fromages, la tête-de-moine et l'erguël», ose-t-elle avouer. En Allemagne, Dolly a eu l'honneur de porter haut le drapeau de la délégation suisse lors de la très officielle remise de la flamme.

Une juste et sympathique récompense pour cette fidèle des Olympiades des fromages de montagne. «C'était la fête à Oberstdorf, une ville habituée aux grands rendez-vous. Nous sommes partis en car le vendredi avec les membres de l'interprofession de la tête-de-moine. L'ambiance était sympa au sein de la délégation. Tout avait été super bien organisé par Olivier Isler, le coordinateur des Olympiades», raconte-t-elle.

Et Dolly de se libérer au fil de l'entretien, sans toutefois jouer la comédie: «Lors de la soirée de gala du samedi, j'ai même fait quelques pas de danse avec les ministres présents», glisse-t-elle. Les hommes étaient déguisés en moines. Des chevaux de la race des Franches-Montagnes étaient également présents avec un attelage. Bref, la région et ses représentants avaient sorti le grand jeu pour vanter les charmes de l'Arc Jurassien en prévision des prochaines Olympiades d'octobre dans le triangle d'or de la tête-de-moine Bellelay-Tramelan-Saignelégier. (Les organisateurs annoncent quelque 30 000 à 40 000 personnes). «Antoine Flück, célèbre producteur de lait du Noirmont, et son orchestre étaient aussi de la partie pour faire résonner leur schwytzoise dans les montagnes bavaroises», ajoute Dolores Kämpf.

Que de beaux souvenirs pour cette maman de deux fillettes, qui a baigné dans le monde agricole depuis toujours. Dolly a passé toute son enfance entre la montagne, à la métairie de La Meuringue, et le village de Villeret. «Nous allions à l'école à pied aux Prés-de-Cortébert», se souvient-elle aujourd'hui.

Après un apprentissage de vendeuse en boucherie à la Migros de Saint-Imier, la jeune Dolores a touché à différents domaines de la vente. Un peu tous azimuts, mais avec un certain penchant pour le fromage. Et ceci pour le plus grand bonheur d'Harald, qui deviendra son mari. Un Kämpf lui aussi. Un fromager sportif, amateur de ski de fond, vice-champion suisse OJ en 1984 notamment et aujourd'hui entraîneur au sein du Giron jurassien.

Le couple s'est installé à Courtelary en 1997 et a partagé durant sept ans la fromagerie avec la famille Wenger, avant de prendre seul les commandes de la petite entreprise, aujourd'hui plutôt florissante. «Nous produisons près de 700 000 kg de lait par an transformé en erguël et entre 800 000 et un million de kg de tête-de-moine», affirme fièrement le mari.

Mais revenons à Dolly, toujours aussi modeste, mais devenue plus prolixe: «Je m'occupe du magasin, mais c'est mon mari qui apporte de quoi remplir la marmite. C'est lui qui fait le fromage». Décidément, un vrai monde d'hommes. Et le maître des lieux de rétorquer: «Les choses changent depuis quelques années. On voit de plus en plus de femmes dans le métier.»

Mais peu importe le sexe de la profession. L'essentiel est ailleurs. Dans la famille pour Dolly, qui se réjouit déjà de revivre bientôt l'ambiance des Olympiades, mais cette fois dans sa région et entourée de tous les siens. Vivement octobre! /MPR

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La recette de Dolores Kämpf

Rosettes de tête-de-moine en chemise

-  4 courgettes (env. 140 g chacune), coupées dans le sens de la longueur en copeaux  de 1 mm d’épaisseur environ
- 4 cs de vinaigre balsamique
- 1 petite gousse d’ail, pressée
-  sel
-  poivre du moulin  grossièrement moulu
-  10 tranches de pain toast, coupées en quatre triangles
-  40 rosettes de tête-de-moine
-  cure-dents

 1. Blanchir les courgettes 1 à 2 min. dans de l’eau salée. Egoutter, passer sous l’eau froide et disposer sur un linge de cuisine.
 2. Mélanger le vinaigre et l’ail, assaisonner. Badigeonner un côté des courgettes avec ce mélange.
 3. Entourer chacune des rosettes de tête-de-moine de  1–2 morceaux de courgette. Fixer sur les triangles de pain à l’aide d’un cure-dent. Dresser sur un plat.

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