
Au vu de l’affluence exceptionnelle à cette assemblée décisive, nombreux auront sans doute été les socialistes biennois à regretter l’exiguïté de la salle de l’Etage du St Gervais, qui débordait littéralement hier soir, une bonne centaine de membres du PS s’étant déplacés.
Mobilisation sans précédent, tension palpable, candidats surmotivés: tous les ingrédients d’un excellent suspense étaient réunis. Et les spectateurs n’ont pas été déçus. En préambule, Ralph Thomas a procédé à une brève analyse de la situation du Parti socialiste biennois. L’ancien conseiller de ville constate que de nombreux Biennois souhaiteront sans doute élire un candidat de droite pour succéder à Hans Stöckli: «Ils voteront en conséquence en faveur d’Hubert Klopfenstein. Nous savons aussi que la majorité absolue est en vigueur au premier tour du scrutin. La question qui se pose à nous ce soir est la suivante: quel candidat socialiste est susceptible de recueillir le plus de voix?» Selon Ralph Thomas, Barbara Schwickert est la candidate la plus «dangereuse», car elle va recueillir de nombreuses voix parmi l’électorat féminin, ainsi qu’à droite. «Erich Fehr n’a certes jamais dirigé une direction municipale, mais il peut se targuer d’une connaissance approfondie des dossiers. PierreYves Moeschler a la force de l’expérience, tant à l’exécutif qu’au Grand Conseil.» Succéder au grand communicateur Stöckli est un véritable défi. «La presse a parfois reproché à Pierre-Yves Moeschler de mal communiquer… La question est de savoir qui, de lui ou d’Erich Fehr, saura rallier le plus de citoyens à sa cause», poursuit Ralph Thomas. Selon lui, rien n’est acquis pour le PS: «Et il ne fait aucun doute que Barbara Schwickert va se battre pour gagner cette élection. A nous de montrer de quoi nous sommes capables!»
La parole a ensuite été donnée à Michèle Morier-Genoud, présidente du PSR: «Nous pensons que Pierre-Yves Moeschler est le plus à même de reprendre la mairie de Bienne. Conseiller municipal depuis 13 ans, il est très expérimenté. C’est un vrai battant! Originaire de Tavannes, il est Biennois depuis 30 ans et pourra participer au rayonnement de Bienne dans la région. Je rappelle que Bienne a connu son dernier maire romand il y a 50 ans.» Lisa Hufschmidt, représentante de la section Bienne Ville, s’est livrée au même exercice pour vanter les mérites d’Erich Fehr: «L’argument de la langue ne doit pas diviser notre parti, qui est profondément bilingue. Erich Fehr appartient à une autre génération que celle de Pierre-Yves Moeschler et Hans Stöckli. Son éventail d’intérêt est très varié… et il n’est pas un «petit Stöckli»!»
Les deux candidats se sont ensuite exprimés chacun leur tour (et chacun à la fois en allemand et en français) devant l’assemblée, puis la presse a été priée de quitter la salle. Le résultat, extrêmement serré, est tombé à 22h33: les socialistes ont désigné Erich Fehr par 51 voix contre 48. /IG
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