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Ces candidats neuvevillois qui se sentent terriblement isolés (9.3.10)

Il est radical et maire de La Neuveville. Son acolyte est agrarien et conseiller municipal. Tous deux anciens députés, Roland Matti et JeanPierre Verdon voudraient bien revoir le Rathaus. Mais, soutiennent-ils, sans la solidarité des autres (anciens) districts, ils n’y arriveront pas.

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Pierre-Alain Brenzikofer

A la belle époque où le Grand Conseil comptait encore 200 députés, le district de La Neuveville avait droit à deux élus. Puis, il y eut la réforme. De quoi passer à 160 députés en 2006 et, générosité incroyable, d’en réserver un aux Neuvevillois. Hélas, tout cela appartient au passé. En 2010, le Jura bernois aura toujours droit à douze élus, mais aucune place ne sera désormais réservée à un ressortissant des bords du lac et/ou du Plateau, les districts n’étant désormais pris en compte que pour le CJB. Notez que rien n’empêcherait dans les faits le souverain du Jura bernois d’envoyer siéger à Berne douze Neuvevillois. Mais Roland Matti et Jean-Pierre Verdon n’y croient pas trop.

«Le district de La Neuveville est devenu une minorité dans la minorité francophone, déplorent-ils. C’est pourquoi ses candidats misent sur un fort soutien des électeurs de Courtelary et Moutier. Sans pour autant demander de statut particulier, mais par souci d’harmonie et d’équilibre.»

Dans ce contexte, le radical Matti et l’agrarien Verdon, collègues au sein du Conseil municipal neuvevillois, ont décidé de mener campagne commune. Afin, disent-ils, qu’un représentant au moins des grands partis soit élu au Rathaus. «Nous ne voulons pas allumer le feu, affirment les deux compères. Mais en additionnant les suffrages du PS, du PLR et de l’UDC, nous arrivons à 55% de l’électorat. L’UDF de Marc Früh ne pèse que 6,7% à l’échelle du district. Cela n’est pas correct.»

Surtout que les habitants du district se sentiraient désormais frustrés: «Nous avons beaucoup perdu avec la réforme de l’administration», déplore Roland Matti. Et de citer la préfecture, le Registre du commerce, le Registre foncier, l’Office des poursuites et faillites, l’état-civil, etc. D’où ce cri du cœur commun: «Sauvons au moins un siège neuvevillois qui soit représentatif! Le peuple doit saisir qu’il y a un enjeu neuvevillois, un enjeu de district.»

D’après Roland Matti, le district – l’ancien district, plutôt – se sent isolé. C’est pour cette raison que le précité souligne avec Jean-Pierre Verdon l’importance de pouvoir miser sur un député représentatif à Berne, qui puisse directement aller évoquer les problèmes auprès de l’administration.

«En tout cas, nos deux partis jouent le jeu, poursuit JeanPierre Verdon. Dans toutes les manifestations publiques, ils se font un point d’honneur de donner la parole aux candidats de La Neuveville.»

A entendre les deux complices, leur coin de pays rencontrerait toujours davantage de problèmes avec le canton. Question d’isolement, selon eux, lequel ne pourra être battu en brèche que si le Jura bernois envoie quelqu’un de véritablement représentatif de leur district siéger à Berne: «Oeuvrer dans un exécutif communal ne suffit plus, insistent-ils. Un député est indispensable pour débloquer un dossier. Et ce ne sont pas les dossiers bloqués qui manquent chez nous!»

Bref, tous deux se disent curieux de découvrir si le Jura bernois votera en tant qu’entité le 28 mars ou si la solidarité des (anciens) districts l’emportera. Ultime éventualité qui favoriserait évidemment Moutier et Courtelary. /PABR

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