L'alliance rouge-verte ayant choisi de lancer ses poulains au pimpant Kursaal de Berne, les radicaux se devaient de frapper plus fort. N'ont-ils pas choisi le prestigieux Palace de Gstaad pour désigner leurs candidats au gouvernement?
D'emblée, Johannes Matyassy, président du parti cantonal, a insisté sur la nécessité de présenter un francophone, tant il est vrai que l'UDC et le PBD ne proposent que des champions alémaniques. «Il serait faux de laisser le siège du Jura bernois à Philippe Perrenoud sans combattre», a-t-il martelé en insistant que c'est à ce niveau que se jouera la majorité politique, actuellement détenue par l'alliance rouge-verte. Message visiblement reçu cinq sur cinq, personne n'ayant proposé une autre candidature.
On a dès lors pu passer à la présentation des candidats. Le conseiller d'Etat Hans-Jürg Käser a disserté sur la responsabilité individuelle. Il ne voudrait pas vivre dans une société où tout ce qui n'est pas encore réglementé est interdit.
Quant à Sylvain Astier, il a dit être totalement dans la ligne du parti et sa volonté de créer une relation avec les Bernois reposant sur la confiance et le respect. Il a rappelé qu'au Grand Conseil, il s'était toujours battu pour un Etat léger et souple, pour le désendettement et des impôts supportables.
Le président Johannes Matyassy a résumé les objectifs pour le scrutin de mars 2010. Au Grand Conseil, les radicaux misent sur 27 sièges, soit un de plus. Côté gouvernement, il s'agira bien sûr de réélire le sortant Hans-Jürg Käser, mais surtout de récupérer le deuxième siège grâce au candidat du Jura bernois Sylvain Astier. Les inconnues sont nombreuses. On évoquera simplement l'interdiction des bulletins non officiels et l'apparition du Parti bourgeois-démocratique, qui complique les rapports entre formations de droite, UDC et PBD se regardant en chiens de faïence.
Au parlement, il faudra maintenir à tout prix la faible majorité bourgeoise. Côté gouvernement, la majorité politique se jouera dans le Jura bernois. D'où la nécessité de présenter un Romand pour inverser la tendance en matière de finances, d'impôts et d'énergie, notamment.
Pour la petite histoire, les deux champions ont été élus par acclamations. A l'heure des réactions, le député biennois Pierre-Yves Grivel s'est dit heureux de voir son parti monter au front avec deux candidats seulement. «Sylvain Astier sera aussi le candidat des Romands de Bienne, cette ville qui sera appelée à jouer un grand rôle par rapport à l'AIJ. Il pourra faire le lien entre Bienne et le Jura bernois.»
Chef de campagne au long cours du PLRJB, Pascal Flotron s'est réjoui que son parti ait choisi un candidat du Jura bernois. Selon lui, la campagne sera courte et intensive. «Il y aura beaucoup de candidats romands. Il faudra choisir ceux qui défendent vraiment la région par rapport à ceux qui font de l'opposition partisane.»
Quant au député de Sonvilier Jean-Pierre Rérat, il s'est félicité de l'absence d'une autre candidature. «Partir à trois aurait faussé la donne», a-t-il estimé. A l'entendre, en tout cas, Sylvain Astier possède de solides chances de décrocher la timbale.
Pour ces trois personnes, il conviendra de mettre en avant les idées plutôt que de pointer du doigt un adversaire.
Sylvain Astier, enfin, s'est déclaré très surpris d'avoir été désigné par acclamations, ce qui est plutôt rare dans le cas d'une élection au gouvernement: «Cela me donne des ailes pour tenter de décrocher le siège du Jura bernois.» Le président du PLRJB s'est dit très heureux que de nombreux Jurassiens bernois et Romands de Bienne ont fait le déplacement: «Un bon signe pour la campagne», a-t-il analysé. Au fait, a-t-il un adversaire désigné? «Pas forcément, même si tout le monde le connaît», a-t-il conclu.
Côté stratégie, les radicaux ont décidé de soutenir les candidats du PBD et de l'UDC au gouvernement, pour autant qu'il y ait réciprocité. /PABR
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