Vous êtes ici

«Les Rauraques» se profilent comme l’unique liste autonomiste

Secrétaire politique du Rauraque et candidat au National, Jérôme Jolidon ne se fait guère d’illusions: «Nous sommes conscients de n’avoir que très peu de chance de faire élire un de nos candidats. Si ça devait toutefois arriver cela serait un énorme plaisir, mais aussi une réelle surprise.»

  • 1/2
  • 2/2
zurück

<span style="font-style: italic;">Michael Bassin</span><br><br>L’espoir de réussir à envoyer un élu à Berne est donc ténu. Mais Les Rauraques sont certains d’avoir leur place dans cette campagne. «Nous voulons offrir une échappatoire à tous les électeurs qui ne se retrouvent pas dans le programme des partis traditionnels», indique Jérôme Jolidon, en précisant que leur liste est la seule clairement estampillée autonomiste. «Notre liste est une alternative pour tous ceux qui ne veulent ni voter pour un parti probernois, ni voter blanc», ne cache pas Julien Berthold, le président du Rauraque. «Oui, il y a un potentiel de voix à exploiter», ajoute Jérôme Jolidon. Le Rauraque a d’ailleurs attendu le dernier moment avant de se lancer dans la course au National. Si une autre liste autonomiste s’était engouffrée dans la brèche, il aurait renoncé.<br><br>Le Rauraque est né, rappelons-le, à Moutier dans les années quatre-vingt. Il a ensuite disparu en 2002, avant de renaître l’an dernier à l’occasion des élections municipales prévôtoises où il a d’ailleurs décroché trois sièges. Jérôme Jolidon reconnaît que le mouvement a bien évolué depuis sa création, «mais il n’a pas perdu de vue son ambition principale: la défense des intérêts de la jeunesse jurassienne par un engagement sans faille en politique et une participation active et dynamique à la vie de sa région».<br><br><br><span style="font-weight: bold;">Candidats hors du canton </span><br>Pour ces élections, Le Rauraque propose une variante en se nommant Les Rauraques et en ratissant au-delà de Moutier. Certains des onze candidats – dont trois femmes – proviennent en effet d’autres communes du Jura bernois (Crémines, Saint-Imier), voire de l’extérieur du canton de Berne (Soyhières, Saignelégier, Delémont et La Chaux-de-Fonds). «Tout le monde peut être un Rauraque sans faire partie de notre mouvement. Il suffit d’avoir à cœur la liberté individuelle, les intérêts de la jeunesse et l’unité jurassienne», relève Jérôme Jolidon. L’électeur ne risque-t-il pas d’y perdre le nord? «Les thématiques liées à la jeunesse se règlent au niveau fédéral. Par ailleurs, en habitant Soyhières, je suis plus près et je connais mieux Moutier qu’un Oberlandais», glisse Pascal Prince, ancien député jurassien et candidat Rauraque.<br><br>Sur cette liste, signalons encore la présence des trois conseillers de ville prévôtois (Nicolas Zahno, Alain Piquerez et Julien Berthold) et celle de Mélanie Erard, conseillère de ville à Saint-Imier pour les couleurs d’Alliance jurassienne.<br><br><br><span style="font-weight: bold;">Pas de grosses dépenses </span><br>S’agissant de leur programme, Les Rauraques font de la résolution de la Question jurassienne une priorité. Concrètement?<br><br>«C’est à la Suisse de garantir l’impartialité d’un scrutin, aujourd’hui sérieusement envisagé. Il s’agira, notamment, de s’assurer que des votes en cascade permettront à la minorité de choisir pour elle-même son avenir», explique Jérôme Jolidon en citant une série d’autres points sur lesquels la Confédération devrait, selon lui, veiller.<br><br>Hormis la Question jurassienne, Les Rauraques ont à cœur les thématiques de l’emploi et de la formation. Maintenir les emplois existants dans les périphéries, endiguer voire inverser l’exode rural des jeunes, conserver les acquis dans le domaine de la formation: autant de sujets cités. Finalement, les candidats désirent s’engager en faveur des transports publics dans les périphéries.<br><br>Pour sa campagne, le mouvement autonomiste ne fera pas de folies. Quelques affiches ici, quelques communiqués là et, surtout, une présence sur internet sont prévus pour un budget de 3000 fr. D’ailleurs, dans le matériel de vote envoyé aux électeurs, seuls ceux du Jura bernois recevront le papillon du Rauraque.<br><br><br><br><br><span style="font-weight: bold; text-decoration: underline;">Un surprenant ménage à trois</span><br><br><span style="font-weight: bold;">LES APPARENTEMENTS </span><br>Pour ces élections au Conseil national, Les Rauraques seront apparentés avec...le Parti pirate (qui défend la transparence et la protection des données) et la liste du musicien et motard bernois Jimy Hofer! De quoi surprendre, tant les intérêts des uns et des autres sont différents. Pascal Gloor, vice-président du Parti pirate suisse et citoyen de Péry, soulignait d’ailleurs dans nos colonnes (Le JdJ du 28 juillet) que cette union était purement mathématique. Du côté des Rauraques, on reconnaît que chaque parti mène un combat bien précis, mais que ceux-ci ne sont pas contradictoires. «J’ai approché Pascal Gloor, et son parti était aussi à la recherche de soutiens. S’agissant de la Question jurassienne, le comité du Parti pirate n’a qu’un souhait: qu’elle soit réglée démocratiquement», explique Pascal Prince, candidat Rauraque. «En ce qui concerne Jimy Hofer, c’est lui qui a contacté le Parti pirate, car il veut vraiment se faire élire», poursuit Pascal Prince.<br><br>Les points communs entre ces trois listes sont peu nombreux. Mais les responsables du Rauraque tentent de démontrer que ces unions ne sont pas contre nature. «Notre apparentement avec la liste Jimy Hofer nous permet de coller au plus près des besoins de la culture et du divertissement», explique Jérôme Jolidon. Avec le Parti pirate, nous partageons la défense des libertés individuelles. Il est hors de question de laisser bafouer notre vie privée et notre liberté au nom des intérêts économiques de quiconque.»<br><br style="font-weight: bold;"><span style="font-weight: bold;">COUP DE POUCE À JIMY </span><br>Reste que cet apparentement pourrait profiter à l’élection d’un candidat non autonomiste, voire à l’élection d’un germanophone. «Je préfère autant permettre l’élection d’un alémanique qui n’est pas opposé à notre combat qu’un francophone qui est hostile à nos idées», rétorque Julien Berthold, président du Rauraque.<br>

Articles correspondant: Région »