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Un accord a été trouvé en Allemagne

Un accord entre conservateurs et sociaux-démocrates a été trouvé en Allemagne

Un accord entre la chancelière allemande Angela Merkel et les sociaux-démocrates a été trouvé vendredi matin, , selon le texte de cette entente obtenu par Reuters. Les deux parties se sont engagées à renforcer la zone euro en étroite collaboration avec la France.

(ats) Au terme d'une nuit de discussions exploratoires, les conservateurs et les sociaux-démocrates ont établi un document de 28 pages fixant le cadre de futures discussions formelles en vue de la constitution d'un gouvernement de coalition en Allemagne.

Ce document doit être présenté aux dirigeants des deux formations politiques qui ont gouverné ensemble, au sein d'une "grande coalition", entre 2013 et 2017.

Les deux formations y indiquent qu'elles souhaitent transformer le Mécanisme européen de stabilité (MES) en un fonds monétaire européen et se prononcent pour des "fonds spécifiques" qui seraient consacrés à la stabilisation économique, la convergence sociale et la réforme structurelle de la zone euro.

Ces fonds, ajoutent-elles, pourraient constituer la base d'un futur "budget d'investissement" de la zone euro.

"En étroite collaboration avec la France, nous voulons renforcer de manière durable et réformer la zone euro, de telle manière que l'euro résiste mieux aux crises mondiales", lit-on dans le document. L'Allemagne serait également disposée à augmenter sa contribution au budget de l'Union européenne (UE).

La création d'un Fonds monétaire européen est un projet allemand à l'origine, défendu de longue date par l'ancien ministre des Finances Wolfgang Schäuble.

Il entend jusqu'ici confier à ce Fonds la tâche de faire notamment la police sur les déficits dans les pays de la zone euro et de supplanter par ce biais la Commission européenne jugée trop laxiste.

Ce n'est pas la vision française, qui soutient un Fonds monétaire européen, mais entend lui donner un pilotage "politique", comme l'a indiqué le ministre de l'Economie Bruno Le Maire dans une interview jeudi à l'hebdomadaire allemand Die Zeit. Autrement dit un rôle pas seulement cantonné à la surveillance de l'application des règles.

De manière générale, le document de projet gouvernemental, qui doit encore être validé par les partis concernés, se prononce pour une poursuite de l'intégration européenne dans les domaines de la Défense ou de la politique d'immigration. Il se dit aussi prêt à augmenter la contribution allemande au budget de l'Union.

S'agissant de l'immigration, conservateurs et sociaux-démocrates prévoient de limiter le nombre de demandeurs d'asile arrivant annuellement à environ 200'000. Ce chiffre comprend les réfugiés de guerre, ceux concernés par le rapprochement familial et la réinstallation. Il retranche ceux quittant le pays.

Cette limite correspond aux souhaits des démocrates-chrétiens d'Angela Merkel, même si le document de travail autorise une flexibilité vers le haut.

Dans le même temps, les négociateurs se sont mis d'accord sur une forte limitation du regroupement familial avec un maximum de 1000 personnes pouvant prétendre à ce dispositif chaque mois. Il s'agit là aussi d'une mesure plus proche des positions des conservateurs que des sociaux-démocrates.

La thématique migratoire était le principal thème de discorde entre les partis dans un pays où l'extrême droite a fortement progressé aux dernières élections en surfant sur le mécontentement d'une partie de l'opinion après l'arrivée de plus d'un million de demandeurs d'asile depuis 2015.

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