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Trump ciblé par l'ONU après ses propos

Trump pris à partie par l'ONU après avoir ciblé "des pays de merde"

L'ONU dénonce à Genève le "racisme" de Donald Trump après ses commentaires sur des Etats africains et Haïti, qualifiés de "pays de merde". "Choquants" et "honteux", ceux-ci visent les valeurs établies depuis la Seconde Guerre mondiale, a dit vendredi un porte-parole.

(ats) Selon le Washington Post, qui cite plusieurs sources non démenties par la Maison Blanche, les déclarations du président américain, attendu dans une dizaine de jours au Forum économique mondial à Davos (GR), ont été lancées devant plusieurs sénateurs. M. Trump mentionnait un projet proposant de limiter le regroupement familial et de restreindre l'accès à des statuts de résident permanent.

En échange, l'accord permettrait d'éviter l'expulsion de milliers de jeunes, souvent arrivés enfants aux Etats-Unis. "Pourquoi est-ce que toutes ces personnes issues de pays de merde viennent ici ?", a demandé M. Trump, selon plusieurs sources anonymes.

Selon elles, l'homme d'affaires devenu président faisait référence à des pays d'Afrique ainsi qu'à Haïti. "Certaines personnalités politiques à Washington choisissent de se battre pour des pays étrangers, mais le président Trump se battra toujours pour le peuple américain", a réagi un porte-parole de la Maison Blanche.

"Vous ne pouvez pas juger des pays et des continents entiers comme 'de la merde'", a rétorqué le porte-parole du Haut-Commissariat aux droits de l'homme Rupert Coville.

Ces déclarations s'ajoutent à de précédentes stigmatisations des Mexicains et des musulmans et le refus de condamner les "actions racistes" des milieux extrémistes aux Etats-Unis. Elles "vont à l'encontre des valeurs" pour lesquelles "le monde a lutté si difficilement" depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, a renchéri M. Coville.

Le Haut commissaire Zeid Raad al-Hussein a dénoncé à plusieurs reprises par le passé la montée des discours nationalistes et xénophobes, notamment celui de M. Trump. Au-delà de la vulgarité affichée par le président américain, ce type de déclarations d'un dirigeant politique "valide" et "encourage" le racisme, a ajouté Colville. "C'est peut-être la conséquence la plus dangereuse et dommageable".

Le Haut-Commissariat appelle aussi le Congrès américain à garantir une solution durable pour la régularisation des jeunes entrés illégalement sur le territoire américain. Les négociations sont difficiles entre la Maison Blanche et les parlementaires sur le maintien de ce dispositif lancé par l'ancien président Barack Obama.

En septembre, M. Trump a abrogé le programme qui a permis à 690'000 jeunes, entrés illégalement aux Etats-Unis alors qu'ils étaient enfants, de travailler et d'étudier en toute légalité en les protégeant de l'expulsion. Il a donné jusqu'au 5 mars au Congrès pour trouver un compromis.

Le Haut-Commissariat s'alarme également de la décision de mettre un terme au dispositif de statut temporaire de près de 250'000 ressortissants de deux pays d'Amérique centrale et d'Haïti, dès octobre prochain pour l'un d'entre eux et dès juin et septembre 2019 pour les deux autres.

M. Zeid avait par ailleurs annoncé il y a environ un mois qu'il ne briguerait pas de second mandat en août prochain. Il avait aussi affirmé que pour éviter les pressions, ce poste doit être attribué pour seulement un seul mandat.

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