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Raids en Syrie: 16 civils tués

Raids sur un réduit de l'EI en Syrie: 16 civils dont 7 enfants tués

Au moins 16 civils, dont sept enfants, ont été tués lundi dans des raids aériens de la coalition internationale emmenée par Washington, a rapporté une ONG. Celle-ci a lancé l'assaut contre l'ultime réduit du groupe Etat islamique (EI) dans l'est de la Syrie.

(ats) Les raids ont touché les abords du village de Baghouz, d'où un groupe de civils tentait de "fuir en direction de la frontière avec l'Irak", a dit l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). "Il s'agit principalement de proches de djihadistes", a souligné le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane. Au moins 16 civils dont huit femmes et sept enfants ont péri dans les frappes, a-t-il précisé.

La coalition intervient en soutien aux Forces démocratiques syriennes (FDS) qui ont lancé samedi un assaut "final" contre la dernière poche de l'EI dans la province orientale de Deir Ezzor, frontalière de l'Irak. La frontière irakienne est bouclée, avec un déploiement militaire accru.

Entre 500 et 600 djihadistes sont confinés dans leur ultime réduit de l'est syrien, selon des estimations des FDS. "Les violents combats se poursuivent pour faire pression sur l'EI et l'obliger à se rendre", a ajouté M. Abdel Rahmane.

Des dizaines de milliers de personnes, principalement des familles de djihadistes, ont fui les combats ces deux derniers mois vers des secteurs aux mains des FDS. Celles-ci procèdent à des fouilles et des interrogatoires poussés pour identifier les potentiels djihadistes qui tentent de se mêler aux civils en fuite.

Après une montée en puissance fulgurante en 2014 et la proclamation d'un "califat" sur de vastes régions conquises en Syrie et en Irak voisin, les djihadistes, affaiblis par de multiples offensives, sont aujourd'hui acculés dans une petite poche de la province orientale de Deir Ezzor, près de la frontière irakienne.

Les Forces démocratiques syriennes (FDS) ont lancé samedi leur "bataille finale" contre ce secteur. Les francs-tireurs, les mines enfouies et les tunnels creusés par les djihadistes ralentissent les opérations. L'EI retient également "des dizaines d'otages des FDS", a indiqué un porte-parole de la force arabo-kurde, Mustefa Bali.

Dimanche, M. Bali a rapporté une progression des FDS sur le terrain, tandis que les djihadistes ont cédé des dizaines de positions et vu leurs "fortifications" détruites. Le dernier carré djihadiste représente moins de 1% du "califat" autoproclamé par l'EI, qui s'étalait autrefois sur une superficie comparable à celle de la Grande-Bretagne.

Alors que l'EI est sur le point d'être défait, le sort de son chef, Abou Bakr al-Baghdadi, demeure par ailleurs inconnu. Il avait été donné pour mort à plusieurs reprises, mais un message audio qui lui a été attribué a été diffusé en août dernier sur la messagerie Telegram via des comptes pro-EI.

"Jusqu'à maintenant, nous n'avons pas d'informations sur une présence de Baghdadi en Syrie, et nous ne pensons pas qu'il s'y trouve", a affirmé le porte-parole des FDS.

Donald Trump a récemment pronostiqué la "libération" imminente de "100%" des territoires autrefois contrôlés par l'EI, ajoutant qu'une "annonce formelle" en ce sens pourrait intervenir très rapidement. Une défaite de l'EI ouvrirait la voie au désengagement, annoncé en décembre par le dirigeant des Etats-Unis, des quelque 2000 militaires américains déployés en Syrie.

Mais, en l'absence d'un engagement antiterroriste soutenu, il ne faudrait à l'EI que six à 12 mois pour entamer une "résurgence" et "reconquérir des territoires restreints", a mis en garde l'armée US dans un rapport publié ce mois.

Hormis son ultime réduit en déliquescence, l'EI n'a plus que des combattants dispersés dans le vaste désert s'étendant du centre du pays à Deir Ezzor.

Malgré les revers, le groupe ultraradical, responsable de multiples exactions, parvient toujours à mener des attentats meurtriers. Il a également revendiqué des attentats à l'étranger, notamment en Occident.

Selon des analystes, l'EI a entamé sa mue en organisation clandestine en se cachant dans le désert ou en développant des "cellules dormantes" dans les territoires qu'il a perdus, mais où il continue de sévir.

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