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Projet de brûler le coran: condamnations et inquiétudes

Le projet d'un petit groupe évangélique américain de brûler en public des exemplaires du coran suscite beaucoup d'inquiétudes internationales. Si elle est menée à bien, la provocation pourrait tendre les relations des Etats-Unis avec les pays musulmans, ont averti gouvernements, religieux et ONG.

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L'initiative du «Dove World Outreach Center» (Centre colombe pour aider le monde), dont le siège se trouve en Floride, est «source d'inquiétudes» et «place nos troupes en danger», a ainsi commenté la Maison Blanche, appuyant les craintes du général David Petraeus, commandant des forces internationales en Afghanistan.

«Je suis très inquiet des répercussions possibles», avait en effet réagi le haut gradé, considérant que cela servirait la propagande des talibans et renforcerait le sentiment antiaméricain dans le monde musulman.

Pour le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, de tels actes ne peuvent être soutenus «par aucune religion». Et «si un tel acte odieux devait être accompli, cela renforcerait uniquement les arguments de ceux qui s'opposent à la paix et à la réconciliation en Afghanistan», a souligné le représentant spécial des Nations unies pour ce pays, Staffan de Mistura.


Le pasteur réaffirme son intention

D'autant que l'autodafé prévu par ces fondamentalistes chrétiens pour marquer l'anniversaire des attentats du 11 septembre tombe à un moment sensible, les musulmans célébrant autour du 10 septembre la fin du ramadan.

Le pasteur américain à l'origine de l'initiative a réaffirmé son intention en dépit des risques que cela pourrait entraîner. Le but de l'opération est adresser une «mise en garde» aux «extrémistes» musulmans cherchant à exercer une influence sur les Etats-Unis, a expliqué Terry Jones à la chaîne CBS.

Le secrétaire général de l'Otan Anders Fogh Rasmussen, s'est lui aussi ému des éventuelles «conséquences néfastes sur la sécurité de nos troupes» en Afghanistan, où une manifestation, sans violences, avait réuni environ 200 hommes lundi à Kaboul, aux cris de «Mort à l'Amérique !» et de «Vive l'islam !».


Risque de réactions «incotrôlables»

Ferme condamnation également du chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton, qui a affirmé «respecter toutes les croyances religieuses», de la chancelière allemande Angela Merkel, pour qui tout cela est «odieux», et du secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa, qui a dénoncé le projet d'un «fanatique».

L'Iran a assuré que sa mise en oeuvre provoquerait des réactions «incontrôlables», tandis que pour un haut dirigeant des Frères musulmans (islamistes) égyptiens, Essam al-Erian, «la haine envers les Etats-Unis dans le monde musulman» pourrait s'accroître.

A Gaza, un porte-parole du mouvement islamiste Hamas, Sami Abou Zouhri, a déploré une «provocation envers les Arabes et les musulmans» et, en Jordanie, le Front d'action islamique, puissant bras politique des Frères musulmans jordaniens, n'a pas hésité à parler de «déclaration de guerre».


«Terrorisme religieux»

Si les autorités américaines ne parviennent pas à y mettre un terme, «cela constituera la dernière manifestation en date du terrorisme religieux, et cela ruinera les relations de l'Amérique avec le monde musulman», a de son côté prévenu Cheikh Abdel el-Moati el-Bayoumi, un des principaux responsables de l'institution sunnite d'Al-Azhar du Caire, traditionnellement modérée.

Le Vatican a pour sa part dénoncé «un geste de grave offense envers un livre considéré comme sacré par une communauté religieuse», faisant part de sa «vive préoccupation».

En Indonésie, pays musulman le plus peuplé du monde, la minorité chrétienne redoute des «tensions» et l'Union des 20.000 églises chrétiennes protestantes d'Indonésie a écrit au président Obama pour l'exhorter à intervenir.


Obama dénonce un projet «destructeur»

Le président américain Barack Obama a jugé «destructeur» le projet d'un petit groupe intégriste chrétien de Floride de brûler quelque 200 exemplaires du Coran samedi. Au cours d'un entretien diffusé jeudi, il a estimé que cela risquait d'engendrer des violences.

«C'est un geste destructeur» et «complètement contraire aux valeurs de l'Amérique», a estimé le président américain au sujet de l'intiative du «Dove World Outreach Center» dirigé par le pasteur Terry Jones, sur la chaîne américaine ABC.

«En tant que commandant en chef des forces armées américaines, je voudrais dire (au pasteur Jones) que ce projet dont il parle met vraiment en danger nos jeunes hommes et femmes en uniforme en Irak et en Afghanistan», a poursuivi M. Obama. «C'est une aubaine de recrutement pour Al-Qaïda», a-t-il ajouté.

L'inititative du «Dove World Outreach Center» a provoqué des condamnations en cascade des plus hauts responsables américains, du Vatican, du monde islamique et d'autres dirigeants du monde, mais le petit groupe intégriste campe sur ses positions.

Les exemplaires du Coran doivent être brûlés le 11 septembre, jour anniversaire des attentats de 2001, vers 18h locales (minuit heure suisse) à Gainesville (Floride). /ats
Mots clés: Etats-Unis

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