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L'Hexagone paralysé

La France tournait au ralenti mardi jour de mobilisation nationale contre la réforme des retraites du président Nicolas Sarkozy. Des grèves étaient suivies dans de nombreux secteurs, des transports à l'éducation, avant des manifestations qui s'annoncent massives.

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Les syndicats attendent plus de deux millions de manifestants dans les rues, dans l'espoir de faire céder le chef de l'Etat sur cette réforme qui prévoit de repousser l'âge minimal de la retraite de 60 à 62 ans d'ici 2018 et qu'il considère comme une «priorité absolue».

Des appels à la grève ont été recensés dans les transports, la fonction publique, des médias publics, ainsi que dans l'industrie, les banques ou la poste. Les transports ferroviaires, aériens, urbains étaient particulièrement touchés.


Trains et vols supprimés

Sur rail, le trafic était conforme aux prévisions, selon la compagnie française des chemins de fer SNCF, avec seulement deux trains à grande vitesse (TGV) sur cinq, de nombreuses liaisons régionales annulées, mais huit trains Thalys (Paris-Bruxelles) sur dix. Plusieurs liaisons TGV avec la Suisse ont été annulées.

La Direction générale de l'aviation civile (DGAC) a demandé aux compagnies aériennes d'annuler 25% de leurs vols dans les aéroports parisiens de Roissy et Orly en raison d'appels à la grève parmi les contrôleurs aériens.

A Paris, le métro était particulièrement perturbé (seul un sur deux ou trois était prévu), avec des rames bondées mais dans une ambiance assez calme, a constaté l'AFP, tandis que de nombreux cyclistes en costume cravate cherchaient à gagner leur lieu de travail.


Manifestations

Dans l'éducation, plus de 30% des enseignants du primaire devaient faire grève. L'activité était réduite ou annulée dans de nombreuses écoles.

Les grandes manifestations étaient prévues dans l'après-midi: 190 au total devaient être organisées. La dernière journée de mobilisation contre les retraites le 24 juin avait réuni, entre 800'000 personnes, selon la police, et deux millions, selon les syndicats.

Cette journée d'action, la troisième de l'année sur ce thème, coïncide avec le début des débats à l'Assemblée nationale, où la gauche entend ferrailler contre le texte que le gouvernement voudrait voir adopter dès octobre.

Les syndicats s'opposent au recul de l'âge de départ à la retraite, et réclament en particulier des aménagements pour les salariés qui ont eu des emplois pénibles.



Une réforme basée en majeure partie sur un recul de l'âge de la retraite


Le projet français de réforme des retraites, contesté mardi lors d'une journée de grèves et de manifestations, s'appuie essentiellement sur un recul de l'âge minimal de départ en retraite. A l'image de réformes conduites ailleurs en Europe.

Le recul de l'âge légal de départ à la retraite est la pierre angulaire du projet du gouvernement. Il veut porter l'âge légal de 60 ans actuellement à 62 ans en 2018, en l'augmentant à partir de 2011 de quatre mois par an. La première génération concernée est celle née en 1951.

L'âge légal est celui à partir duquel on peut prétendre à toucher une retraite pleine, à condition d'avoir une durée de cotisation suffisante au système de pension.


70 milliards d'euros

La durée de cotisation pour une retraite à taux plein est actuellement de 40,5 ans et aura atteint 41 ans en 2012. Il est prévu dans le projet qu'elle passe à 41 ans et trois mois à partir de 2013. A 67 ans, contre 65 ans aujourd'hui, il sera possible de percevoir une retraite pleine, même si cette durée de cotisation n'est pas atteinte.

Le gouvernement français estime que ces mesures sont indispensables à la préservation du système français de retraites par répartition dans lequel les pensions des retraités sont financées par les cotisations des actifs. La démographie, avec l'allongement de la durée de la vie, oblige à travailler plus longtemps, selon lui.

Les besoins de financement du système de retraites sont estimés par les experts à 70 milliards d'euros d'ici 2030.


Taxer les hauts revenus

Le projet gouvernemental prévoit aussi des impôts et taxes supplémentaires d'un montant de quatre milliards d'euros par an, frappant les contribuables les plus riches. Il s'agit surtout d'une hausse de l'impôt sur le revenu et d'une taxation de certains produits financiers.

Malgré ces prélèvements, les syndicats et l'opposition de gauche jugent le dispositif injuste car, selon eux, il fait peser l'essentiel de la charge du financement futur des retraites sur les salariés les plus modestes.

Cette réforme, si elle est adoptée, rapprochera la France des autres pays industrialisés. La plupart ont choisi de reculer l'âge légal de la retraite, mais la comparaison est délicate car les durées de cotisations varient et le niveau des pensions est également différent d'un pays à l'autre.

A titre d'exemples, l'âge légal est de 65 ans en Allemagne et en Espagne, et doit être porté à 61 ans en Italie en 2013. /ats



Mots clés: Grèves en France

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