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Retraît rebelle de trois ports yéménites

L'annonce d'un retraît rebelle de trois ports ravive les espoirs au Yémen

L'ONU a prudemment déclaré samedi avoir commencé à surveiller un retraît unilatéral des rebelles Houthis de trois ports de l'ouest du Yémen. Hodeida, Salif et Ras Issa sont au centre d'un bras de fer depuis 2018 avec la coalition progouvernementale.

(ats) Ce redéploiement a aussitôt été mis en doute par un responsable gouvernemental. Il avait été agréé lors de pourparlers tenus en décembre sous l'égide de l'ONU en Suède. Un chef rebelle, Mohammed Ali al-Houthi, a déclaré l'intention des insurgés de se désengager à partir de samedi des ports de Hodeida, Salif et Ras Issa, sur la mer Rouge, mais un leader loyaliste a qualifié l'annonce de "nouvelle ruse" des Houthis.

Un témoin a déclaré avoir vu un convoi de véhicules de l'ONU entrer et sortir de Salif, tandis que des sources proches des Houthis ont affirmé que des rebelles avaient commencé à se retirer des trois ports.

Il reste cependant difficile d'évaluer la réalité et l'ampleur du désengagement. "L'ONU espère être bientôt en mesure de faire un rapport au Conseil de sécurité sur les mouvements réels sur le terrain", a dit prudemment une source onusienne.

Ce redéploiement avait été agréé lors de pourparlers tenus en décembre sous l'égide de l'ONU en Suède. S'il était effectivement mis en oeuvre, l'accord de désengagement dans la région de Hodeida constituerait la meilleure chance à ce jour de faire progresser la paix au Yémen où un conflit meurtrier se poursuit depuis plus de quatre ans, estiment des experts.

Mohammed Ali al-Houthi a expliqué sur Twitter que le "retraît unilatéral" des rebelles survenait en raison du "refus" de la coalition progouvernementale soutenue par Ryad d'appliquer l'accord conclu en Suède. Il a notamment mis en cause l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, qualifiés de "pays de l'agression".

Le redéploiement doit être supervisé par une mission d'observation de l'ONU dirigé par le général danois à la retraite Michael Lollesgaard. Ce dernier a salué prudemment vendredi "l'offre et l'intention" des Houthis de se désengager des trois ports.

Le gouvernement yéménite a également salué ce retraît, tout en exprimant des doutes sur sa mise en oeuvre effective. Selon le ministre yéménite de l'Information Mouammar al-Iryani, l'accord prévoit d'abord le retraît des Houthis de Salif et Ras Issa et la remise à l'ONU de cartes précisant où des mines ont été posées en vue de leur désactivation.

Devraient suivre le retraît des Houthis du principal port de Hodeida et le retraît des forces progouvernementales d'une zone appelée Kilo 8, ainsi que la remise de cartes pour retirer les mines, a-t-il ajouté. M. Iryani a déclaré que tout redéploiement unilatéral rebelle sans contrôle et vérification conjointe de sa mise en oeuvre serait une "esquive et ne peut être accepté".

La guerre au Yémen oppose des forces progouvernementales, appuyées militairement par l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, aux rebelles Houthis, soutenus par l'Iran et qui contrôlent de vastes zones de l'ouest et du nord, dont la capitale Sanaa. Le conflit a tué des dizaines de milliers de personnes, dont de nombreux civils, selon diverses organisations humanitaires.

Environ 3,3 millions de personnes sont toujours déplacées. Et 24,1 millions, soit plus des deux-tiers de la population, ont besoin d'assistance, selon l'ONU.

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