
Intégrée au groupe Festina depuis l’été 2008, la maison Soprod, établie aux Reussilles, présente à Bâle un calibre maison baptisé Alternance 10 (A10), développé et produit à l’interne. Ce mouvement automatique existe en deux variantes – avec trois aiguilles au centre (heures, minutes, secondes) et date à 3h, ou trois aiguilles au centre et balancier visible à 6h.
Un choix stratégique logique, explique Thierry Paratte, CEO: «Notre société était spécialisée dans l’assemblage de mouvements ETA que nous personnalisions selon les vœux de nos quelque 150 clients. Mais depuis fin 2010, la filiale du Swatch Group a définitivement cessé ses livraisons d’ébauches. Nous avons donc anticipé cette échéance en développant et en fabriquant notre propre calibre.» Et grâce aux compétences des autres sociétés du groupe Festina, «nous appartenons désormais au cercle très restreint des véritables manufactures, puisque notre mouvement est entièrement fait maison, y compris la pièce maîtresse qu’est l’échappement, produit notre société sœur mhvj, au Sentier.»
Directeur technique, Jean-Michel Nicolet ajoute qu’avec son A10, Soprod n’a pas la prétention de faire concurrence à ETA, «mais entend plutôt offrir une alternative, avec un produit de haute qualité tout à fait comparable». En fait, poursuit-il, cet A10 est un peu l’alter ego du fameux calibre 2092 d’ETA. Et si Soprod peut encore offrir à ses clients des mouvements ETA personnalisés grâce aux stocks constitués l’an dernier, «notre objectif est de monter en puissance avec notre propre calibre pour compenser la fin progressive de nos activités sur les mouvements ETA. A moyen terme, nous visons une production d’environ 150 000 pièces par an», souligne Thierry Paratte. Il constate qu’aujourd’hui, tous les horlogers ou presque sont à la recherche de mouvements, et qu’ETA peine à fournir tous ses clients. «Pour nous, c’est donc une chance à saisir, mais aussi un challenge!»
En plus de son calibre A10, la PME, qui occupe une septantaine d’employés et assure aussi la formation d’apprentis, propose toujours ses autres spécialités – des complications horlogères classiques sous forme de modules additionnels: grande date, GMT, réserve de marche, phases de lune et autres calendrier rétrograde. «Ils se montent sur divers calibres ETA. Aujourd’hui, nous en avons déjà adapté une partie pour notre calibre A10», indique Jean-Michel Nicolet.
Comme le relève le CEO, les clients de Soprod se positionnent dans le milieu de gamme supérieur et le haut de gamme. Ce sont des horlogers qui veulent un produit swiss made soigné, performant et personnalisé parmi lesquels on trouve de petites et de grandes sociétés au nom prestigieux. «Notre force, c’est d’être ouvert à tous les clients, même aux plus petits, et donc d’assurer aussi de petites séries», ajoute Jean-Michel Nicolet.
Parmi les objectifs à venir, Soprod entend compléter la palette de modules additionnels susceptibles d’être montés sur l’A10. Et à plus long terme, la petite manufacture des Reussilles a bien l’intention de proposer d’autres calibres. Elle en a d’ailleurs déjà développé un petit, pour montres dame. /PHO
La Montre Hermès: La maison horlogère qui sait arrêter la marche du temps
Depuis que Luc Perramond a pris les rênes de La Montre Hermès en 2009, la société établie à Brügg a retravaillé l’ensemble des ses collections pour gagner en cohérence. Après Cape Cod, Arceau et Clipper, c’était au tour de L’Heure H cette année. «Nous avons redynamisé les lignes avec un graphisme plus moderne, plus structuré, des aiguilles et des chiffres plus lisibles. Petit détail très apprécié des dames: la montre est équipée d’un système très simple qui permet de changer de bracelet en quelques secondes, et ainsi d’en assortir la couleur à celle de son vêtement. Et pour la première fois, L’Heure H se décline aussi en version mécanique», indique Philippe Delhotal, directeur de la création et du développement.
Une innovation qui s’inscrit dans la volonté de La Montre Hermès de monter en gamme et augmentant la part de ses garde-temps mécaniques. Ils représentent aujourd’hui 30% de la production et devraient atteindre près de 50% d’ici à cinq ans. Hermès compte d’ailleurs surtout sur la croissance du marché pour atteindre cet objectif. «Notre but est d’offrir des garde-temps mécaniques dotés de petites complications originales, utiles et élégantes – des caractéristiques qui se retrouvent dans tous les métiers Hermès», souligne Philippe Delhotal.
Dans la collection Arceau, la maison horlogère propose cette année une Grande Lune à quantième complet avec affichage du jour et du mois. La lunette a été affinée et offre ainsi au cadran – «le visage de la montre» – une plus grande surface d’expression, poursuit notre interlocuteur.
Poursuivant sa démarche du «temps de l’imaginaire» initiée avec la Cape Cod Grandes Heures (un dispositif modifie la vitesse de l’aiguille des heures en fonction de leur position variable sur le cadran choisi par le client), La Montre Hermès a poussé le défi encore plus loin, avec son Arceau Le Temps suspendu. Comme l’explique Philippe Delhotal, «c’est une complication non conventionnelle, qui reflète bien la philosophie du temps d’Hermès, à la fois ludique et singulière, mais déclinée tout en finesse et en élégance.»
En fait, explique le directeur de la création et du développement, il s’agit d’un module additionnel complexe de 148 pièces qui, sur pression d’un bouton placé à 9h, permet de stopper à sa guise la marche du temps. Ou plutôt son affichage. Grâce à un triple système rétrograde, les aiguilles viennent ainsi se positionner autour de midi, tandis que l’aiguille rétrograde du quantième s’escamote entièrement. Une nouvelle pression du bouton permet ensuite de repositionner les aiguilles à leur juste place, et la marche du temps, suspendue, reprend son cours.
Et comme chaque année, la maison horlogère rend hommage au travail des artisans-artistes d’aujourd’hui en les invitant à mettre en valeur leurs talents dans la série des Exceptionnelles. Des pièces à couper le souffle, que ce soit L’Heure H haute joaillerie entièrement sertie de diamants jusque sur les cornes. Ou les Cape Cod dont les cadrans finement sont émaillés par Anita Porchet. Ou encore une Arceau Pocket unique dont le cadran de nacre gravé évoque une scène équestre, avec calèche, chevaux et personnages sculptés dans de l’or et qui représente un détail du carré Hermès ‹Promenade de Longchamp›. «Une maison comme la nôtre se fait un point d’honneur de rendre hommage au savoir-faire exceptionnel de ces artisans», souligne Philippe Delhotal. /pho
Tiffany: Une classe à part
Etablie à Bienne, la marque griffée du Swatch Group dévoile sa nouvelle collection baptisée Gallery, dont le boîtier rectangulaire en acier ou en or rose se décline en trois tailles. Ce garde-temps se distingue par son cadran finement guilloché en décor soleil, et ses index en chiffres arabes dont la particularité est d’être d’une seule pièce!
Tiffany signe aussi sa première complication horlogère avec le modèle Atlas Gent Square en or rouge. Un chrono dont le calibre automatique est doté d’une roue à colonne et d’un embrayage vertical. Le système de roue à colonne commande les fonctions du chrono et garantit la précision des fonctions d’arrêt et de réinitialisation. L’embrayage vertical, lui, répartit l’énergie de façon uniforme à l’ensemble du mouvement et permet d’utiliser le chrono à volonté sans nuire au bon fonctionnement de la montre.
Dans un style sobre et très classique, Tiffany complète sa ligne Atlas Dome. Le modèle présenté s’affiche dans un boîtier de 39 mm en or rouge et arbore un cadran noir, avec lunette sertie de 76 diamants. Les emblématiques chiffres romains en or rouge sont posés en applique sur le rehaut qui entoure le cadran noir. Cette nouvelle pièce est dotée d’un mouvement automatique dont on peut admirer le rotor finement décoré par le fond transparent du boîtier. /pho
Exposants bernois: Le moteur asiatique
Hier, le directeur de l’Economie publique Andreas Rickenbacher a accueilli les exposants bernois à l’occasion du traditionnel apéro offert par le canton. Il s’est réjoui de voir que la branche horlogère avait retrouvé le chemin de la croissance en 2010 et que cette année s’annonçait d’ores et déjà très prometteuse. Mais il s’est dit préoccupé par la force du franc, «qui donne du fil à retordre à l’économie suisse», ainsi que par la catastrophe qui accable le Japon – 3e économie mondiale – «dont les répercussions sur l’économie du monde échappe à toute prévision».
Le conseiller d’Etat a néanmoins constaté que l’Asie reste «un moteur de croissance notable pour l’industrie horlogère», puisque près de la moitié des exportations prennent le chemin de l’Asie. Et de relever que pour l’économie bernoise, le tourisme notamment, ce continent prend toujours plus d’importance. D’ailleurs, par le biais du réseau Greater Geneva Berne Area, la Promotion économique travaille pour inciter des entreprises asiatiques à s’implanter dans le canton. Avec un succès certain, comme le montre l’implantation réussie de la société Huawei Technologies, très gros opérateur de télécommunications en Chine, qui vient de prendre ses quartiers à Köniz.
Et de relever qu’avec son taux de croissance qui avoisine les 10%, la Chine comptera d’ici à 2020 quelque 12 mios de foyers qui auront accès aux biens de luxe – et qui sont autant de clients potentiels pour les horlogers suisses. /pho
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