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Menace pollution des côtes françaises

Naufrage du Grande America: deux nappes de pollution constatées

Deux nappes d'hydrocarbures ont été localisées dans la zone du naufrage du navire italien "Grande America". Elles font craindre une pollution des côtes françaises, car le bâtiment commercial transportait des matières dangereuses ainsi que 2200 tonnes de fioul lourd.

(ats) "Il y a à ce stade deux nappes, une qui avait été constatée hier soir et une autre qui a été constatée ce matin", a déclaré jeudi le ministre de la Transition écologique François de Rugy lors d'une conférence de presse à Brest.

"L'une a une longueur de treize kilomètres et une largeur de sept kilomètres, elle présente un aspect assez compact. La seconde est d'une longueur de neuf kilomètres et d'une largeur de sept kilomètres, elle a un aspect un peu plus morcelé", a précisé le porte-parole de la préfecture maritime de l'Atlantique Riaz Akhoune.

Ces deux nappes sont environ distantes d'une vingtaine de kilomètres, a-t-il précisé. Elles dérivent "plein est" à une vitesse de 35 kilomètres par jour, a indiqué pour sa part Stéphane Doll, directeur du Centre de documentation, de recherche et d'expérimentations sur les pollutions accidentelles des eaux (Cedre).

Les deux nappes se situent à 311 kilomètres de La Rochelle, a précisé la préfecture maritime. Selon M. Doll, elles ne devraient pas atteindre le littoral "tout de suite".

Plus tôt dans la journée, M. de Rugy et le premier ministre Edouard Philippe avaient assuré que l'Etat est mobilisé et "fait tout" pour "réduire l'impact" sur les côtes de la pollution aux hydrocarbures provoquée par le naufrage.

"Il y a un risque, il faut donc tout faire pour le réduire et réduire l'impact d'une pollution sur nos côtes", a dit le ministre de la Transition écologique sur BFMTV. Un robot sous-marin pourrait être déployé pour voir s'il y a des fissures sur l'épave qui pourraient encore laisser échapper du fioul.

"Nous préférons anticiper un risque de pollution et déployer des moyens", a-t-il assuré, soulignant que cette pollution n'avait "rien à voir" avec celle provoquée par le pétrolier Erika en 1999.

En déplacement au Mont-Saint-Michel, Edouard Philippe a également assuré que le gouvernement suivait "avec beaucoup, beaucoup, beaucoup d'attention" les conséquences du naufrage pour "limiter au maximum le risque" de pollution.

Un navire anti-pollution est déjà sur zone et d'autres devraient être déployés. Si les conditions météorologiques le permettent, avec une mer très agitée, les autorités tenteront de pomper les hydrocarbues en mer et d'installer des barrages flottants. En dernier recours, "il faut se préparer à terre", a souligné M. de Rugy.

Le Grande America, navire hybride entre un roulier et un porte-conteneurs, a coulé mardi à 333 kilomètres à l'ouest de La Rochelle après un incendie à bord. Ses 27 occupants ont été secourus sains et saufs et ramenés à Brest.

L'enquête ouverte par le parquet permettra de "remonter l'historique" du navire et de regarder "s'il y a une responsabilité de l'armateur voire de l'équipage", a indiqué François de Rugy. Le Grande America avait subi des contrôles "en Grande-Bretagne il y a quelques années qui avaient donné lieu à une mise aux normes par l'armateur", a-t-il ajouté.

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