Derrière les sourires de façade, l'ambiance est montée d'un cran mercredi soir, lors de la désignation d'Erich Fehr à la succession de Hans Stöckli au Conseil municipal (voir notre édition d'hier). La guéguerre qui va opposer au cours de ces prochaines semaines les Romands à leurs camarades alémaniques est bel et bien déclarée.
Les discours adressés par le président du PS biennois, Niklaus Baltzer, et Michèle Morier-Genoud, présidente du PSR, n'ont trompé personne: sous prétexte de rendre hommage au maire démissionnaire Hans Stöckli, les deux chefs de file ont prêché pour leur paroisse linguistique respective, tout en évitant soigneusement de prononcer le nom de leurs poulains, soit Pierre-Yves Moeschler pour les Romands et Erich Fehr pour les Alémaniques. Niklaus Baltzer n'a pas mâché ses mots: «Il ne suffira pas de déployer l'argument de l'appartenance linguistique pour convaincre le Parti socialiste de présenter un candidat francophone à la mairie.» Autrement dit, Pierre-Yves Moeschler ferait bien de charger son fusil avec d'autres cartouches s'il veut parvenir à ses fins. Encore faudrait-il que le directeur de la Formation, de la prévoyance sociale et de la culture ait des réserves de poudre suffisantes...
Bienne a-t-elle absolument besoin qu'un Romand soit à sa tête pour se positionner par rapport à des problématiques aussi délicates que la Question jurassienne ou la création d'un super canton de l'Arc jurassien? Pas sûr. Michèle Morier-Genoud a beau avoir tenté mercredi soir de convaincre l'auditoire que le prochain maire se doit absolument d'être Welsche, son speech n'a pas soulevé l'enthousiasme des foules.
Des arguments qu'aura cependant parfaitement saisis Erich Fehr: profitant de la tribune à l'heure des remerciements, le poulain alémanique a tout bonnement lancé sa campagne, confirmant à ses camarades qu'il se sent de taille à assumer la mairie. Répondant à une question d'un syndicaliste, il a en outre affirmé sa volonté de vouloir défendre la place économique de Bienne.
Si elle s'annonce ardue, la mission des socialistes se résume toutefois à ce seul argument: le 8 septembre, ils devront décider qui, de Pierre-Yves Moeschler ou d'Erich Fehr, a le plus d'atouts en main pour contrer Barbara Schwickert. Car il ne fait aujourd'hui plus aucun doute que l'écologiste sera présente au deuxième tour de l'élection, le 19 décembre. Sera-ce contre le radical Hubert Klopfenstein ou contre un socialiste? Le dernier mot reviendra peut-être aux femmes. A la fin juillet, elles constituaient 51,3% du corps électoral biennois. /IG
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