Animal échappé de captivité, ce lynx devrait en principe être recapturé. Mais son transfert à Juraparc l'avait rendu malheureux: il ne mangeait rien et a fait un saut incroyable pour retrouver la nature. Et ses petits sont sauvages, a poursuivi Mme de Quattro.
La fugueuse retrouvée
Le 25 août dernier, la femelle avait mordu et griffé un chien de chasse qui courait librement dans la forêt de Moiry, au pied du Jura. Son maître, un chasseur-champignonneur, s'est retrouvé face au félin qui se trouvait près du cadavre d'un chevreuil, a rapporté Sébastien Sachot, conservateur de la faune et de la nature. Il confirmait des informations publiées jeudi par «24 Heures».
Un garde-chasse a réussi à photographier l'animal le lendemain. Les clichés ont permis de déterminer qu'il s'agissait d'Aïscha, la femelle qui s'était échappée de son enclos peu après son arrivée à Juraparc en septembre 2009.
Agée aujourd'hui de trois ans et demi, la fugueuse avait déjà été aperçue quelques jours plus tôt dans la forêt avec deux petits âgés d'environ trois mois, a ajouté M.Sachot. Ses petits vont l'accompagner jusqu'en février-mars, époque à laquelle la mère recherchera un nouveau mâle. Ensuite, ils se débrouilleront seuls.
Histoire rocambolesque
Le directeur de Juraparc Olivier Blanc est ravi d'avoir de bonnes nouvelles d'Aïscha. Il se dit prêt à la reprendre, mais estime qu'elle a gagné sa liberté. «Depuis un an, elle a prouvé qu'elle pouvait vivre à l'état sauvage».
Aïscha avait été localisée à la vallée de Joux en décembre dernier. Le canton avait renoncé à la capturer faute d'endroit où l'héberger, des travaux étant en cours dans les enclos de Juraparc.
L'histoire de ce lynx est rocambolesque, a rappelé Sébastien Sachot. La femelle avait été découverte mi-2007 près d'une école de Wattenwil (BE), alors qu'elle était sauvage et âgée de trois mois. Depuis lors, elle a vécu en captivité à Landshut (BE) puis Langenberg (ZH) avant son transfert à Juraparc et sa fuite.
Ordonnance en préparation
La Suisse compte environ 110 lynx. Une trentaine d'entre eux vivent dans le Jura vaudois et neuchâtelois. «Dans cette région, ce félin est compatible avec l'élevage et ne provoque pas de conflit avec les chasseurs», a relevé le conservateur de la faune.
Pour lutter contre une surpopulation de ces félins, Jacqueline de Quattro attend avec impatience la révision de l'ordonnance sur la chasse. Sans cesse reportée par la Confédération, elle donnera au canton une plus grande marge de manoeuvre, a-t-elle souligné. /ats
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