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Une tabatière volée retourne au musée

Le Musée d'art et d'histoire de Genève récupère une pièce majeure

Estelle Fallet, la conservatrice en chef de la collection d'horlogerie du Musée d'art et d'histoire de Genève, parle d'un "retour émouvant". Une tabatière à musique, dérobée lors d'un cambriolage spectaculaire, en 2002, a refait surface et a retrouvé sa place.

(ats) Des dames de la bourgeoisie de Genève avaient offert cet objet au colonel Louis de Sonnenberg, en 1815. Elles voulaient remercier le militaire pour son rôle dans la défense de Genève contre les troupes napoléoniennes. Sur la tabatière émaillée, représentant un paysage genevois, est gravée la phrase: "vous l'avez préservée".

Demeurée dans la famille du colonel, à Lucerne, la tabatière avait rejoint les collections de l'ancien Musée de l'horlogerie et de l'émaillerie en 1979. Son destin bascule un jour de novembre 2002, lorsque le musée est victime d'un casse audacieux. L'objet fait partie des 174 pièces qui sont emportées par les voleurs.

Les braqueurs utilisent des masses pour briser les vitrines où sont exposés montres et émaux précieux, qui sont autant de témoins du génie artisanal genevois. Ce cambriolage a provoqué un véritable traumatisme, a souligné le directeur du Musée d'art et d'histoire de Genève (MAH), Jean-Yves Marin.

Mais les objets volés finissent toujours par réapparaître, même si parfois il faut attendre plus d'une génération, a-t-il poursuivi. La tabatière a ainsi refait surface lors d'une vente aux enchères, à Londres. Les experts de la maison Sotheby's avaient repéré la pièce parmi les lots proposés et ont immédiatement alerté la police.

La tabatière provenait d'Italie. Les carabiniers, saisis de l'affaire, ne sont toutefois pas parvenus à remonter la filière, malgré une longue enquête, a fait remarquer M.Marin. Le cambriolage, il y a 16 ans, du Musée de l'horlogerie et de l'émaillerie de Genève, n'a donné lieu à aucune arrestation.

Seules trois pièces volées ont été récupérées jusqu'à maintenant. Des émaux de grande valeur du 17e siècle restent encore introuvables. Le MAH, avec les 10 millions de francs reçus par les assurances à la suite du braquage, a reconstitué une partie de la collection perdue, en achetant des objets similaires.

Mais les pièces extraordinaires ne peuvent être remplacées, a souligné Mme Fallet. La tabatière du colonel de Sonnenberg appartient à cette catégorie. Elle est exposée au public sur le péristyle des Beaux-Arts du MAH aux côtés d'une boîte de montre qui avait également été volée.

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