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Décès du caméraman Pio Corradi

Le caméraman suisse Pio Corradi est décédé

Le caméraman suisse Pio Corradi est décédé à l'âge de 78 ans. Il a signé la photographie de plus de 100 films, surtout des documentaires, des fictions et quelques oeuvres expérimentales tournés sous toutes les latitudes.

(ats) L'information révélée par les journaux Tamedia a été confirmée jeudi à Keystone-ATS par Seraina Rohrer, directrice des Journées cinématographiques de Soleure. L'homme d'images a collaboré avec les plus grands tels Robert Frank, Fredi Murer, Xavier Koller ou le duo d'artistes Fischli et Weiss.

Pio Corradi était un habitué aux Journées de Soleure. L'an dernier, il a encore participé à la présentation du documentaire Köhlernächte, un film du régisseur Robert Müller sur la vie des charbonniers de Bramboden, dans le canton de Lucerne. Ce long métrage lui a valu le prix de la meilleure photographie décerné par l'Office fédéral de la culture.

L'homme a reçu bien d'autres distinctions de la Confédération, de la ville de Zurich ou du canton de Bâle. Né en 1940 à Läufelfingen (BL), Pio Corradi a commencé sa carrière en tant que photographe. C'est seulement dans les années 1980 et 1990 que le cameraman tourne près de la moitié de ses 100 films.

"L'âme soeur" (1985), de Fredi M. Murer, figure parmi ses meilleures réalisations. Il a aussi contribué à "Pleine lune" (1998) et "Vitus" (2006) du même réalisateur. Prolifique, il a oeuvré à de nombreux portraits d'artistes: Ludwig Hohl, Meret Oppenheim, Gerhard Meier, Mani Matter, Mich Gerber, Dieter Roth, Peter Bichsel, Urs Fischer, Thomas Hirschhorn et Giovanni Segantini.

Pio Corradi a également travaillé avec Richard Dindo pour "L'affaire Grüninger" (1997) ou Matthias von Gunthen pour "Reise ins Landesinnere" (1988), un film qui retrace le parcours intime et parfois absurde de six personnes durant une année en Suisse.

Il ne s'est pas limité à la Suisse, mais a arpenté caméra au poing le Canada, l'Antarctique, la Grèce ou les forêts amazoniennes. Le film "La caravane du sel au Tibet" (1997) d'Ulrike Koch figure parmi les expériences les plus improvisées de sa carrière.

Le travail du Suisse a également été reconnu à l'étranger. En 2016, il a reçu un prix honorifique en Allemagne pour sa vision toute en finesse de son environnement.

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