Vous êtes ici

Abo

Moutier

«Le décolletage pour les nuls»

Des étudiants en économie d’entreprise ont découvert la riche histoire de l’industrie régionale, notamment par une visite guidée du Centre d’apprentissage de l’Arc jurassien.

La directrice Danielle Ackermann a présenté les différentes décolleteuses utilisées dans le Centre d’apprentissage de l’Arc jurassien, à Moutier.

Texte et Photo Aude Zuber

Le décolletage n’est désormais plus un concept abstrait pour 42étudiants en économie d’entreprise, provenant de la Haute école de gestion Arc et de la FHNW-Fachhochschule Nord-West Schweiz de Bâle. Dans le cadre d’une semaine spéciale, ces élèves de dernière année découvrent toute cette semaine l’économie de l’Arc jurassien. Hier matin, le Centre d’apprentissage de l’Arc jurassien (CAAJ), à Moutier, les a accueillis.

Par une visite guidée, la directrice du CAAJ, Danielle Ackermann, leur a raconté l’histoire du décolletage dans la région. La directrice connaît bien ce sujet, puisqu’elle a elle-même dirigé une entreprise active dans ce domaine.

De manière toute naturelle, Daniel Ackermann a commencé par présenter le CAAJ. «Il s’agit d’une coopérative créée par les industriels de la région. Ils ont constaté que les jeunes ne s’intéressaient de moins en moins aux métiers techniques et ils craignaient de ne pas trouver la relève nécessaire. Ils ont alors décidé de rendre ces professions plus attrayantes», a-t-elle expliqué.

Selon Swissmec, si rien n’est entrepris d’ici à 2023, 17000professionnels dans le domaine manqueront en Suisse. «Travailler debout avec de l’huile peut constituer un désintérêt de ces professions techniques», a-t-elle indiqué.

Le CAAJ a déjà formé 87 jeunes depuis son ouverture en 2012. «Ils apprennent ici les bases de la mécanique avant de les envoyer dans leur entreprise formatrice. De plus, ils reçoivent de vraies commandes de pièces à produire de nos partenaires.»

Système dual valorisé
Et la directrice d’ajouter: «Nous défendons les métiers techniques en apprentissage dual et non pas exclusivement en école. Un charpentier qui apprendrait sa profession à l’école, pensez-vous qu’il serait à l’aise de travailler sur un toit?»

Après cette introduction, Danielle Ackermann s’est alors plongée dans le cœur de sa visite intitulée «Le décolletage pour les nuls». Elle a d’abord fourni quelques notions de base sur décolletage à ces futurs cadres, qui ne sont pas issus de secteur secondaire. «Le décolletage est un procédé d’usinage par enlèvement de copeaux, permettant de réaliser des pièces en partant de barres ou de fil métallique. Né dans l’Arc jurassien, il puise ses origines dans les tours de potier et les tours à bois, dont le mouvement circulaire constitue le principe de base», a-t-elle détaillé, avec passion.

La directrice a ensuite invité les étudiants à découvrir les différentes décolleteuses utilisées par les apprentis affiliés au CAAJ. Elle leur a d’abord présenté les machines à came. «Tornos a commencé de produire ces machines il y a environ cent ans et a stoppé sa production en 1985, à l’arrivée des machines à commandes numériques (CNC).» Les étudiants ont demandé pourquoi on utilise encore aujourd’hui de si vieilles machines. «Elles restent d’usage pour la production de grande série, car les coûts sont imbattables et la production rapide. On peut les laisser tourner toute la nuit», a lancé la directrice.

Participation active
Une jeune femme a souhaité connaître le nombre de pièces produit à la minute. «Quatre», a répondu l’apprenti qui utilisait la machine à came.

A quelques pas de là, elle leur a fait découvrir les CNC. «Ces décolleteuses sont idéales pour la production de pièces complexes. Pour les faire tourner, le professionnel doit les programmer, autrement dit indiquer à la machine quels mouvements elle doit faire pour produire une pièce.»

Danielle Ackermann a précisé que les apprentis apprenaient à utiliser trois langages informatiques différents. «Je trouve dommage que le dernier langage soit devenu trop simple d’utilisation, car j’ai constaté que la partie artistique, qui est celle de rechercher d’autres solutions plus efficaces, est de moins en moins appliquée», a-t-elle relevé.

C’est satisfaits que les étudiants ont pris le chemin du Musée du tour automatique de Moutier pour la suite de leur apprentissage.

Articles correspondant: Région »