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Puigdemont

L’amitié hispano-suisse mise en péril par le MAJ?

Le conseiller national Manfred Bühler intervient auprès de la Confédération après la visite de l’indépendandiste catalan.

Photo: LDD

Le politicien UDCde Cortébert s’est fendu d’une question et d’une question orale suite à l’invitation, à La Fête du Peuple, de l’ancien président catalan déchu Carles Puigdemont. Dans un premier texte, il rappelle que l’intéressé est actuellement en exil en raison de poursuite judiciaires en Espagne: «Il entend échapper à ces poursuites par sa fuite, alors qu’il est accusé de malversations et de rébellion en relation avec ses actions illégales au regard de l’Etat de droit espagnol et en particulier de la Constitution qui garantit l’unité du pays. La venue en Suisse d’un tel activiste interpelle, que l’on soit favorable ou non à l’indépendance de la Catalogne», soutient Manfred Bühler.

Pour ce dernier, la Suisse, en tant que pays neutre et à la pointe mondiale du respect des principes fondamentaux de l’Etat de droit, s’érige en exemple dans le concert des nations et s’efforce de faire progresser ces principes dans ses actions internationales.

Et l’Etat de droit?
«A l’interne, poursuit-il, le Conseil fédéral est allé rappeler à Moutier que le respect de l’Etat de droit était essentiel dans le cadre politique et judiciaire relatif à l’appartenance cantonale de la ville. Le Gouvernement jurassien était représenté lors de cet entretien.»

Quatre sur cinq
«Or, il a été constaté que quatre membres de ce même gouvernement ont participé à une soirée et ont chanté la Rauracienne en se donnant la main en ligne avec M. Puigdemont à Delémont. Ce geste de haute portée symbolique et politique engage l’Etat jurassien, partie prenante de la Confédération suisse, aux côtés du combat séparatiste catalan», insiste le conseiller national.

Dans ce contexte, il souhaite savoir si le Conseil fédéral ou les autorités fédérales ont été informés par le MAJ et/ou le Gouvernement jurassien avant la venue de M. Puigdemont à Delémont: «Si tel n’est pas le cas, le Conseil fédéral considère-il que cela est normal? Et la caution du Gouvernement jurassien à M. Puigdemont, matérialisée par la présence de quatre de ses membres lors de la soirée du 8 septembre à Delémont, n’est-elle pas de nature à saborder les bonnes relations entre une Suisse neutre et l’Espagne?» interroge le politicien.

Et le rappel à l’ordre?
Manfred Bühler se demande enfin si le Conseil fédéral ne trouve pas étrange que le Gouvernement jurassien célèbre la venue d’un «activiste séparatiste espagnol violant l’Etat de droit, alors que ce même gouvernement vient de participer à un rappel à l’ordre par Madame la conseillère fédérale Sommaruga, à ce sujet en relation avec Moutier».

Un affront à Simonetta Sommaruga?
En prévision de la prochaine Heure des questions au Conseil national, Manfred Bühler se demande par ailleurs si la présence de Carles Puigdemont à la Fête du Peuple ne constitue pas «un affront jurassien à Mme Sommaruga».

Le conseiller national rappelle que le Catalan a été accueilli en star à Delémont lors de cette fête: «Et des ministres du canton du Jura ont chanté la Rauracienne avec l’activiste séparatiste catalan. Or, les actions de ce dernier, délinquant présumé, se sont inscrites contre l’État de droit espagnol.»

Manfred Bühler se demande dès lors si «la caution ministérielle jurassienne apportée à M. Puigdemont n’est pas un affront à Madame la conseillère fédérale Sommaruga, qui a exhorté au respect de l’État de droit lundi dernier, à Moutier, en présence de ministres jurassiens».

PABR

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