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Hockey sur glace

«Toni Rajala m’a vivement conseillé de venir»

Le HC Bienne a annoncé mardi matin la signature du défenseur Anssi Salmela. Le contrat du Finlandais de 33 ans, qui débarque du Dinamo Riga (KHL), porte jusqu’au 30 avril 2019. Le JdJ l’a rencontré alors que l’encre de sa signature n’était pas encore sèche.

Avec Ansse Salmela, le HC Bienne a mis la main sur un globe-trotteur du hockey. (Susanne Goldschmid)

Laurent Kleisl

Atterrissage dimanche, visite médicale et paraphe lundi, tournoi de golf mardi, retour au pays mercredi, c’est le programme d’Anssi Salmela, le nouveau défenseur finlandais déniché par le directeur sportif Martin Steinegger. «Au golf, mon handicap est de 19», décoche Salmela le plus sérieusement du monde. Au HC Bienne, où il s’est engagé pour une année, ce globe-trotteur aura la lourde tâche de consolider l’arrière-garde. «Un peu de pression, c’est toujours bien, c’est un bon moteur. Je n’ai aucun problème avec ça», dit-il.

Après ce premier passage éclair dans le Seeland, Salmela retournera à Tampere pour se préparer à sa première saison helvétique avec des Finlandais principalement issus de KHL. «Les joueurs de NHL sont plutôt stationnés à Helsinki», indique-t-il. Avec l’engagement de ce Nordique affable mais peu expansif, le HC Bienne a complété son quatuor étranger et, très vraisemblablement, sa campagne de transferts.

Anssi Salmela, qu’est-ce qui vous amène en Suisse?
Cela fait plusieurs années que j’ai envie de venir jouer en Suisse, de découvrir une ligue dont on m’a déjà beaucoup parlé. Les aléas de hockey-businesse ne m’y conduisent que cette saison. Je suis heureux de rejoindre une équipe qui a atteint les demi-finales des play-off ce printemps.

Est-ce votre participation à la dernière Coupe Spengler avec le Dinamo Riga qui vous a encouragé à faire le pas?
Non, plutôt l’opportunité. De cette Coupe Spengler, je me souviens surtout qu’on a perdu 6-1 contre la Suisse lors de notre premier match! On était arrivé la veille à Davos et on a un peu ressenti les effets de l’altitude. En plus, comme les Suisses aiment patiner, c’était du hockey très rapide. Par le passé, j’étais déjà venu deux semaines en camp d’entraînement à Davos, qui est une belle petite ville.

Connaissiez-vous déjà votre nouvel entraîneur Antti Törmänen?
Non, pas avant qu’il ne m’appelle. Nous nous sommes vus pour la première fois dimanche, dans le train nous amenant de l’aéroport à Bienne. Nous en avons profité pour faire connaissance. En fait, avant de signer, j’ai surtout parlé avec Toni Rajala. Nous avons joué ensemble en Suède pendant deux saisons, à HV71 et à Färjestad. Il m’a vivement conseillé de venir. Il m’a dit que j’allais prendre beaucoup de plaisir à Bienne, qui est selon lui un super club dans une super ville. Ces dernières années, j’étais souvent le seul Finlandais dans l’équipe. C’est agréable que de savoir que je côtoierai des compatriotes ces prochains mois.

Comme vous, Antti Törmänen a été champion du monde. Vous êtes deux héros de la nation finlandaise!
Non, on ne peut pas comparer. Antti est membre de l’équipe qui a remporté le premier titre mondial de la Finlande en 1995. Ces joueurs-là sont de vrais héros au pays. En 2011, comme c’était le deuxième sacre, c’était déjà bien différent.

Désormais, vous aurez la charge de protéger Jonas Hiller. L’avez-vous affronté en NHL?
En tout cas, je n’ai pas dû lui marquer de but, sinon je me souviendrais de lui! Par contre, j’ai joué avec Kevin Fiala en Suède, à HV71.

La NHL, la KHL, la Suède, la Finlande et maintenant la Suisse, vous aurez évolué dans tous les grands championnats!
La première de mes trois années en Amérique du Nord n’a pas été aisée. Comme je bougeais sans cesse entre la AHL et la NHL, j’ai passé toute la saison à l’hôtel. Je garde le souvenir de mon premier match, de mon premier but (red: il ne développe pas davantage). En KHL c’est très particulier, à cause de la différence de culture avec la Russie et des interminables déplacements.

Ces cinq dernières saisons, vous avez évolué avec sept équipes différentes. Pourquoi autant de changements?
Parfois, je me dis que ça serait bien de signer pour deux ou trois ans et de rester à la même place. Ces changements ne cachent rien de spécial, j’aime bien bouger et découvrir d’autres ligues, d’autres équipes et d’autres coéquipiers. C’est au gré des possibilités qui s’offrent à moi. Au moins, mon agent a pas mal de boulot. Chaque été, il doit me trouver un nouveau club!

Pour vagabonder de la sorte, il est préférable de ne pas avoir de famille...
Je n’ai pas d’enfant, seulement une copine. Elle doit venir à Bienne pendant la saison. Enfin je l’espère (rires)!

Que s’est-il passé durant l’été 2013 à Donbass Donetsk? Il se dit que vous avez été viré avant même le début du championnat à cause d’une soirée trop arrosée...
Ce ne sont que des histoires. J’ai signé là-bas parce qu’on me proposait énormément d’argent. Mais le coach était complètement fou. J’ai rapidement voulu partir et le club a finalement cassé mon contrat. Il n’y a rien d’autre à dire à ce sujet.

En septembre 2016, vous avez disputé les 10 premiers matches en KHL de Kunlun Red Star, la nouvelle franchise chinoise de KHL. C’était comment?
Plein de choses avaient été promises aux joueurs, comme des appartements, mais on n’a rien vu. On a disputé le premier match à Pékin et ensuite, l’équipe s’est déplacée à Shanghai. On jouait devant 3000 spectateurs. Et je ne parle même pas des voyages... En réalité, cette expérience a été un désastre, j’ai d’ailleurs terminé la saison en Suède, à Linköping. J’ai été attiré en Chine par le challenge, qui me paraissait très intéressant. Mais signé là-bas, je le reconnais, a été une erreur.


«Je sais m’adapter aux besoins de l’équipe»

En Suisse, Anssi Salmela est un nobody. Sa fiche de carrière, pourtant, est solide. De la NHL, de la KHL, des médailles aux Mondiaux, le défenseur originaire de Tampere n’a plus rien à prouver. Son style? Il se dépeint comme «un bon mélange». «J’aime bien porter le puck, me montrer offensif, mais je suis avant tout un défenseur», explique-t-il. «Je me suis toujours assez bien adapté aux besoins de l’équipe. S’il le faut, je sais également jouer dur.»

Journaliste au Värmlands Folkblad, tabloïd suédois édité à Karlstad, ville où Salmela a évolué en 2014/15 avec Färjestad, Johan Ekberg décrit un arrière «à l’aise techniquement et bon passeur». «Il apprécie avoir beaucoup de temps de jeu», détaille-t-il. «Ces dernières saisons, il a beaucoup voyagé. J’ai entendu qu’il aimait signer tard afin de pouvoir passer l’été chez lui. Comme homme, si n’est pas le plus fun des gars, il est sympa.» Dusan Umicevic, journaliste à la télévision suédoise, évoque «un défenseur complet, habile dans les deux sens de la patinoire». «Il est à l’aise offensivement et, selon mes informations, c’est plutôt un bon camarade dans le vestiaire», nous écrit le frère de Dragan Umicevic, attaquant du HC Bienne entre 2014 et 2015. A juger sur pièce, tant le Finlandais traîne une réputation de joueur caractériel. «On ne devient pas champion avec des agneaux», a souvent répété Arno Del Curto, le mage du HC Davos. On valide.

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