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Les voyages solidaires estivaux

Point de vue de la Fédération interjurassienne de coopération et de développement.

A l’approche des vacances, les envies d’évasion ressurgissent dans les esprits vagabonds, voir audacieux. De plus en plus de jurassiennes et de jurassiens éprouvent le besoin de combiner le dépaysement d’un périple original vers le Sud, à un engagement humanitaire bénévole, comme participer à un « camp-coopération-développement ». Une tendance marquée par la présence d‘un nombre croissant d’acteurs qui offrent d’encadrer ces volontaires à la recherche d’expériences riches en rencontres, en apprentissages et en émotions.
Mieux vaudrait s’y préparer !
L’engagement volontaire traditionnel dans des projets humanitaires ou de développement repose sur des missions à plein temps, très précises et sur une longueur définie, allant de quelques semaines à quelques années. Souvent, des études prenantes ou une vie professionnelle intense ne permettent pas de tout plaquer pour s’engager bénévolement à l’étranger sur une longue période. L’engagement volontaire pendant les vacances est donc une bonne alternative : les « camps » se déroulent généralement l’été ou pendant les vacances scolaires et sont donc adaptés à un engagement de courte durée.
La préparation aussi importante que le travail sur place
Au-delà du choix de la mission à effectuer, il est primordial d’accorder une large place à la préparation au voyage. Il est de la responsabilité des organisateurs de camps d’aménager un temps d’information et de formation destiné aux participants. Il est important de sensibiliser ces derniers aux enjeux des relations Nord-Sud, à la situation des populations et aux actions de coopération mises en place dans les pays du Sud.
Pour vivre intensément cette expérience, Internet foisonne également de précieux conseils. Il convient de les analyser et surtout de faire preuve de bon sens, en y associant trois règles essentielles : s’informer pour mieux comprendre le contexte culturel, économique et social – prévoir et anticiper le choc culturel (lié notamment à l’intimité, la ponctualité, etc.) - et surtout prendre conscience de ses préjugés et de ses stéréotypes pour mieux les dépasser. Ensuite, il y a évidemment les précautions d’usage en matière sanitaire à respecter (vaccinations, prophylaxie contre la malaria, eau du robinet non potable (éviter les glaçons !), etc.).
Restituer et valoriser son expérience au retour
Lors du retour à la maison, la restitution de son expérience est une étape incontournable qui permet de valoriser son action, mais aussi de sensibiliser ses proches et le public aux réalités des habitants des pays les plus défavorisés. En ce sens, la personne qui revient d’un « voyage humanitaire » à une responsabilité dans l’image qu’elle va rapporter de cette réalité et il est donc important que son témoignage soit empreint de respect pour les populations aidées. Nous rappelons également que le droit à disposer de sa propre image est valable ici, comme ailleurs, et utiliser une photo d’une pose avec des enfants du Sud pour illustrer le profil de sa page Facebook peut revêtir un caractère narcissique malvenu. De même, au moment de partager des anecdotes parfois cocasses, il est important de veiller à respecter et expliquer la culture des personnes rencontrées lors de « l’expérience humanitaires », afin que ces propos ne renforcent pas des préjugés négatifs chez les proches ou le public. Le témoignage doit viser à amener une réflexion qui apportera une véritable valeur ajoutée, aussi bien à la personne qui a vécu l’expérience qu‘à la communication au sujet du projet.
Enfin, on tirera davantage de satisfaction personnelle de son expérience en mettant sa fierté de côté, en s’ouvrant aux personnes que l’on va aider et en s’intéressant à leur manière de vivre, sans jugement de valeur sur les comportements observés. Partager les leçons apprises durant son voyage, témoigner de son expérience et surtout s’en servir pour sensibiliser ses proches qui seront ainsi conscientisés sur le sort des populations défavorisées constitue une part importante du soutien que l’on peut leur apporter. Dans le Jura, la Fédération interjurassienne de coopération et de développement (FICD), en tant que plateforme des ONG jurassiennes, peut dispenser des conseils aux personnes intéressées à préparer au mieux leur voyage humanitaire.
Bruce Rennes Isabelle Boegli
Chargé de projets, FICD Secrétaire générale, FICD

Photos et texte: lecteur-reporter JdJ Bruce Rennes