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FORMATION

L’ombre de coupes sur l’école

Haute Ecole spécialisée, Haute Ecole pédagogique germanophone et mesures d’économies au menu

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PHILIPPE OUDOT

C’est une longue journée à laquelle se sont attaqués les députés hier matin, puisque la séance s’est prolongée jusqu’en soirée. Après avoir procédé à l’élection de divers membres des organes du Grand Conseil et des autorités judiciaires, les élus se sont une nouvelle fois penchés sur le regroupement des sites de la Haute Ecole spécialisée bernoise (HEBE). Plus précisément sur la Déclaration du Grand Conseil concernant la concentration des sites de la HEBE.

Porte-parole de la Commission de la formation (CFor), Corinne Schmidhauser s’est étonnée de voir que le principe de l’unité du département Gestion, Santé, Travail social (GST), qui avait joué un rôle décisif lors du débat sur le regroupement des sites, ait été remis en question par la HEBE, «il en a résulté une perte de confiance considérable chez des membres du Grand Conseil», a-t-elle relevé, soulignant toutefois que la CFor recommandait à une très large majorité l’adoption de cette déclaration.

Après quelques discussions sur des points de détail, les élus l’ont approuvée par 144 voix contre 0 et une abstention. Cette déclaration précise notamment que «le Grand Conseil s’engage à promouvoir l’attrait du canton en tant que lieu de formation. En ce sens, il réaffirme son soutien à la création du Campus Berne pour la HEBE, du Campus Berthoud pour le Lycée technique et d’un TecLab à Berthoud en tant que centre de formation innovant impliquant une coopération active entre les deux institutions.» Par ailleurs, le Grand Conseil attend que les projets soient mis en œuvre sans délai et clôt ainsi les discussions actuelles sur la concentration des sites.

Accès simplifié

Sans grande discussion, les parlementaires ont aussi approuvé la modification de la loi sur Haute Ecole pédagogique germanophone (PHBern). Une modification qui porte essentiellement sur les règles d’admission pour former les enseignants spécialisés, afin de les aligner sur les règles définies par la Conférence suisse des directeurs cantonaux de l’instruction publique (CDIP). A Berne, les candidats doivent avoir un diplôme d’enseignement, alors qu’ailleurs, un diplôme d’ergothérapeute ou de psychothérapeute ouvre aussi la porte à cette formation.

Comme l’a relevé Elisabeth Zäch, présidente de la CFor, cela a pour conséquence que «la PHBern doit refuser chaque année des candidats alors qu’il y a pénurie, et ces derniers vont se former ailleurs». Une argumentation aussi défendue par le patron de l’Instruction publique Bernhard Pulver: «C’est d’autant plus regrettable que nous devons payer pour leur formation hors canton, et qu’une fois leur papier en poche, ils peuvent revenir enseigner chez nous.» Au final, les députés ont adopté la modification de la loi en une seule lecture par 138 voix contre une et deux abstentions.

Toujours dans le domaine scolaire, le PLR avait déposé trois postulats visant à faire des économies dans le domaine scolaire. Plus précisément par une flexibilisation des écoles à journée continue en réduisant le personnel d’encadrement et le niveau de qualification des personnes d’encadrement; en fixant le principe d’un enseignant par classe d’école enfantine, l’engagement d’auxiliaires de classes ne devant être possible que sur demande justifiée; quant à la troisième mesure, elle portait sur une mise en place plus parcimonieuse des classes de Basisstufe, dans la partie alémanique du canton.

Au nom de la CFor, Corinne Schmidhauser a soutenu ces trois requêtes, largement défendues par les représentants des partis bourgeois. A gauche, on s’est en revanche insurgé contre ces coupes qui visent en particulier les jeunes enfants, alors que c’est à cet âge qu’on prépare l’acquisition des connaissances futures. Verts, socialistes et PEV ont martelé qu’on ne pouvait pas réduire les prestations sans toucher à leur qualité. A titre individuel, le socialiste Roland Näf a fustigé l’obsession d’économies du PLR. Et de rappeler que ce printemps, près de 800 profs d’écoles enfantines avaient lancé un appel à l’aide, estimant ne plus pouvoir faire face à leur tâche. «Or, ce que vous proposez va à l’opposé de ce qu’ils réclamaient!», a-t-il dénoncé.

Pour sa part, le conseiller d’Etat Bernhard Pulver a rappelé que le Conseil exécutif planchait sur un paquet d’économies dont il dévoilera les grandes lignes avant les vacances d’été, et qui sera débattu lors de la session de novembre, lors de l’examen du budget. Au final, les trois postulats ont été largement acceptés par plus de 90 voix à chaque fois, contre un peu plus d’une cinquantaine.