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Editorial

Plus personne n’échappe aux Jeux

La cérémonie d'Ouverture des Jeux olympiques de Londres, c'est aujourd'hui. Entrez au cœur de l'évènement avec l’éditorial du jour.

Jeux olympiques de Londres 2012

Stéphane Devaux

Combien serons-nous devant notre écran lorsque la reine d’Angleterre déclarera ouverts, ce vendredi soir, les 27e Jeux olympiques d’été? Forcément beaucoup. On articule, pour l’édition londonienne de ce grand rendez-vous de la jeunesse du monde, un chiffre dépassant les 4,8 milliards de téléspectateurs. Aucune région de la planète, aussi reculée soit-elle, ne peut échapper à l’événement, qui verra 10500 sportifs de 205 nations s’affronter pour le gain de 302 titres olympiques, dans 39 disciplines différentes.

Flash-back. 1948, Londres, capitale d’un royaume britannique qui panse encore ses plaies. Les premiers Jeux de l’après-guerre accueillent 4099 athlètes – dont seulement 385 femmes – représentant 59 pays. Les vaincus, Allemagne et Japon, sont absents, tout comme les Soviétiques. La BBC fait des débuts timides:500 000 téléspectateurs, tous dans un rayon de 80 kilomètres autour de Londres, ont droit à 65 heures d’émission...

Soixante-quatre ans séparent les deux événements. Deux siècles. Deux univers. Hormis la couronne britannique et les anneaux olympiques, tout a changé. Et rien n’a été épargné au mouvement olympique. Il a connu des drames (l’attentat contre la délégation israélienne à Munich en 1972), les effets de la Guerre froide (boycott de Moscou par les Américains en 1980, absence presque totale du bloc de l’Est en 1984 à Los Angeles), des faillites retentissantes (Montréal a traîné sa dette de 1976 pendant 30 ans!), des Jeux sous forte tension (Melbourne en 1956, juste après l’invasion de la Hongrie, ou Atlanta en 1996), des tricheurs notoires (le sprinter Ben Johnson en 1988, les «naïades» est-allemandes pendant 20 ans), des scandales de corruption (Salt Lake City en 2002). Abien y réfléchir, on se demande bien comment il a tenu le coup...

Peut-être parce que, malgré tout et porté par la beauté du geste sportif, il entretient l’espoir d’un monde meilleur. Ou alors, plus prosaïquement, parce que les héritiers de celui qui affirmait sans honte que l’important était de participer (mais l’a-t-on vraiment bien compris?) ont fait de leur mouvement un business excellemment rodé, très généreusement alimenté par des sponsors ayant bien compris l’intérêt qu’ils trouveraient à exhiber l’image de leurs produits devant au moins deux tiers des habitants de la Terre.

Mots clés: Editorial, jo, Londres