Les caves des brasseurs ont hanté et ravi tous les gosses de Tavannes

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A la première moitié du 19e siècle, la bière se consommait comme un produit de luxe. Soumise aux fluctuations des récoltes d’orge, sa fabrication devenait aléatoire. De plus, brasser en été représentait un casse-tête épouvantable et menaçait la qualité sanitaire du précieux liquide.
Les trop courtes distances que permettait le transport des fûts en char attelé en limitaient l’écoulement. La deuxième moitié du siècle connut une soif brassicole sans précédent, grâce aux découvertes de Pasteur dans le domaine de la conservation des levures, grâce aussi aux nouvelles méthodes de brassage à basse température, grâce enfin au développement du chemin de fer.
Le consommateur laissa le vin bon marché aux producteurs frauduleux et le vignoble aux épidémies de phylloxéra. De 1850 à 1885, le nombre de brasseries se multiplia de 150 à 530, et la consommation annuelle passa de 4,8 litres à 36 litres par tête de pipe. On se tourna sans vergogne vers le houblon et sa délicieuse amertume. Le frigo n’étant toutefois pas encore inventé, la glace restait un élément aussi précieux que la bière.
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