France/infanticides 30.07.10 09:28 Galerie

La mère avoue avoir tué les huit nouveau-nés

La mère de huit nouveau-nés, retrouvés morts cette semaine à Villers-au-Tertre (Nord de la France), a avoué jeudi les avoir tués. Elle a expliqué qu'elle ne «voulait plus d'enfants» et a mis son mari hors de cause. Il s'agit de la plus importante affaire d'infanticides connue en France.



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(ats/afp/Reuters) Les enfants ont étouffés à la naissance par leur mère, selon la déposition de la suspecte, a dit le procureur de Douai, Eric Vaillant, lors d'une conférence de presse. Elle a accouché seule, entre le début des années 1990 et 2006 ou 2007. Elle a affirmé que son mari ignorait tout des grossesses et des homicides, comme le dit aussi ce dernier.

Niant tout «déni de grossesse», cette aide-soignante d'environ 45 ans a indiqué qu'elle «se rendait parfaitement compte de ses grossesses», a ajouté le procureur. «Elle explique qu'elle ne voulait plus d'enfants et qu'elle ne voulait pas voir de médecin pour un moyen de contraception», a ajouté le magistrat.

Son premier accouchement s'était «mal passé du fait de sa forte corpulence et à ce titre, elle ne voulait plus voir de médecin». Elle avait donné naissance à deux filles âgées aujourd'hui d'une vingtaine d'années, qui ont elles-mêmes des enfants.

Son mari, charpentier, a été entendu comme témoin et laissé en liberté, contrairement aux réquisitions du parquet qui demandait sa mise en examen pour «non dénonciation de crimes et recel de cadavres».

Il semble avoir découvert les crimes avec les gendarmes. «Le ciel lui est tombé sur la tête», a dit Eric Vaillant. La justice poursuit les investigations pour trouver éventuellement d'autres cadavres. Mais la femme a assuré aux enquêteurs qu'il n'y avait que huit victimes.

Des gens sans histoire
Déférée jeudi devant un juge d'instruction, la suspecte a été inculpée (mise en examen) pour «homicides volontaires de mineurs de moins de quinze ans». Elle risque la réclusion à perpétuité.

Des expertises devront être ordonnées pour connaître son degré de responsabilité pénale. Elle a d'ores et déjà exprimé des regrets, selon le procureur.

Samedi, les nouveaux propriétaires d'une maison qui appartenait auparavant aux parents de l'inculpée avaient fait la première découverte macabre dans leur jardin. Alors qu'ils s'apprêtaient à replanter un arbre, ils sont tombés sur les ossements de deux nouveau-nés dans des sacs en plastique enfouis sous terre. Sous le choc, ils ont alerté la gendarmerie.

Les enquêteurs, aidés de cinq chiens et deux maîtres-chien, ont ensuite fait des recherches dans la maison du couple, située un peu plus loin. Ils ont retrouvé six nouveaux cadavres.

Arrêtés mardi, les époux sont décrits par leurs voisins comme des gens sans histoire. Le père fait même partie du conseil municipal de Villers-sur-Tertre, village paisible de 620 habitants. «C'était son troisième mandat. C'était un bénévole, quelqu'un de respectable», a expliqué le maire, Patrick Mercier.

Huit bougies
Concernant la mère, «c'est une personne qui sortait très peu, qui participait peu à la vie de la commune», a-t-il dit. Et de préciser qu'elle avait «un problème de poids», ce qui expliquerait que ses grossesses soient passées inaperçues.

Jeudi matin, le curé du village a disposé huit petites bougies devant le portail de la maison où résidait le couple.

«J'ai une pensée pour ces petits qui n'ont pas demandé à naître et qu'on jette quelques heures après», a déclaré l'abbé Robert Meignotte. «Je suis très ému, je baptise cinq enfants chaque dimanche dans les 17 villages de la paroisse. On ne jette pas des enfants comme ça dans des sacs poubelle. On ne comprend pas».

Pas un cas exceptionnel
Les infanticides multiples de nouveau-nés ne sont pas exceptionnels, même si ce cas constituerait le plus important en France depuis une trentaine d'années.

L'affaire la plus célèbre dite des «bébés congelés» est celle des époux Courjault. Véronique Courjault, 41 ans, avait été condamnée le 18 juin 2009 à huit ans de prison pour le meurtre de trois nouveau- nés, commis en 1999 en France, et en 2002 et 2003 en Corée du Sud, à l'insu de son mari.




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