Propreté des villes 28.07.10 09:48

Les amendes ne suffisent pas à empêcher le «littering» Eclairage Description

Quarante, 50 voire 80 francs: les amendes seules ne servent pas à grand-chose pour empêcher les gens de jeter à terre papiers, canettes ou mégots. Pour changer les mentalités, il faut des campagnes de sensibilisation, des nettoyages, de la répression. Et la patience des autorités.



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C'est en Suisse alémanique surtout, voire exclusivement, que des amendes immédiates sont collées aux pollueurs pris sur le fait. A Lausanne, un «oublieux» peut par exemple être dénoncé lorsqu'il se débarrasse de sa poubelle au mauvais endroit.

«Ce qu'on voudrait faire, c'est pouvoir amender quand il y a des excès sur la voie publique», explique le municipal Olivier Français. Or gendarmes et policiers municipaux doivent être formés pour cela: «C'est là que ça bloque au niveau législatif».

Genève part elle à la chasse aux mégots. La Ville a lancé en juin une campagne de sensibilisation pour inciter les fumeurs à déposer leur mégot dans un cendrier. Mais à l'avenir, le chef du Département de l'environnement urbain Pierre Maudet n'exclut pas de passer à la répression si cela s'avère nécessaire.


Répression outre-Sarine

Le canton de Thurgovie punit le «littering» depuis le début de 2008: des amendes sont collées de temps à autre, «mais seules, elles n'amènent rien», selon Jürg Hertz, chef du Département cantonal de l'environnement. C'est pourquoi la Thurgovie combine répression et actions concrètes dans les communes: «L'effet est plutôt bon», résume Jürg Hertz.

A ses yeux, il est décisif de prendre des mesures concrètes. A Frauenfeld, une campagne a été lancée pour garder propre la place de la gare. Des commerces ont été priés d'installer davantage de poubelles, des affiches ont fait leur apparition et les passants ont été directement abordés. La police a aussi marqué sa présence.

D'une semaine à l'autre, le monceau de détritus a diminué de manière frappante. «Nous sommes surpris de la nette amélioration de la situation», déclare Markus Graf, responsable à la commune.

Dans le canton de Lucerne, celui qui jette un mégot, un déchet ou se débarrasse en catimini de sa poubelle doit s'acquitter d'une amende immédiate de 40 francs depuis le 1er mai 2009. Les agents sont intervenus dans 264 cas la première année après l'introduction de ces mesures, approuvées par le peuple en février 2009 par 77% des voix.


Un travail de Sisyphe

A Berne, 15 contredanses ont été collées en été 2009. Mais le succès de la «répression» est surtout une conséquence d'un changement de mentalité: les passants ont pris conscience du problème, affirme la municipalité qui a elle aussi installé nombre de panneaux de rappel.

Malgré tous les efforts, il n'est pas facile de maîtriser le «littering»: la municipalité parle même de «travail de Sisyphe». La ville de Berne dépense près de 20 millions de francs par an pour nettoyer rues, places et trottoirs.

A Zurich, la présence policière est inconcevable sur les lieux où les gens aiment passer du temps, manger, boire et où ils n'éliminent pas toujours correctement leurs déchets.

«Cela sent le flicage et porte atteinte à la qualité de la vie. Nous misons sur la responsabilité individuelle», déclare Leta Filli, porte-parole de «Entsorgung und Recycling Zürich» (ERZ), l'organe municipal chargé du ramassage et du recyclage de déchets. Et puis des policiers, cela coûte, ajoute-t-elle.


Pas de loi fédérale

Au lieu de mettre des amendes, ERZ table sur des poubelles en nombre suffisant et sur des nettoyages rapides aux endroits sensibles. Le nettoyage de l'espace public - des équipes sont sur le terrain dès 04h00 jusque tard dans la nuit - est à la charge des contribuables.

Au niveau fédéral, il n'existe pas de dispositions légales contre le «littering», mais une «table ronde» depuis 2008. «Le but est de coordonner les activités des villes, des cantons, de l'économie privée et de donner des impulsions pratiques», explique Florian Erzinger, de l'Office fédéral de l'environnement (OFEV).

Pour l'instant, les autorités fédérales n'estiment pas indiqué d'élaborer une loi en la matière. Mais l'OFEV se penche sur une étude concernant les coûts engendrés par le «littering», et la responsabilité des take-away, des journaux gratuits et des fabricants de cigarettes. L'étude sera publiée début 2011. /ats





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