Théâtre 27.07.10 10:21 Galerie

«Einstein» mis en scène au Gurten

Tout est relatif: Albert Einstein, adulé en tant que scientifique, a mené en tant qu'homme une vie de canaille sans coeur. La pièce de théâtre «Einstein», donnée en avant-première le week-end dernier au Gurten, dresse un portrait nuancé du prix Nobel.



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Les représentations durent jusqu'au 11 septembre. Elles sont interprétées en allemand

La pièce s'ouvre sur un décors du port d'Anvers en 1932. Une soixantaine de personnes, soigneusement séparées entre riches et pauvres, attendent d'embarquer pour l'Amérique. Dans la foule, les candidats à l'exil discutent: un sympathisant nazi lâche des propos antisémites, une famille sans ressource tente de dissimuler la tuberculose de la mère.

Au milieu de ce fourmillement: Albert Einstein, sa seconde femme Elsa et ses deux filles d'un premier mariage. Le Prix Nobel connu mondialement décroche de justesse de la place 3e classe: cheveux décoiffés, il marche sans chaussettes, un peu «crado».


Un analphabète du coeur

Surgit un amour de passage. Mais Einstein souhaite l'éviter à tout prix par respect pour sa famille. Une attitude démentie à d'autres reprises, puisque que le savant se montre nettement moins sensible envers sa femme lorsqu'il flirte ouvertement aussi bien avec une chasseuse d'autographe qu'avec l'une des filles de sa femme pour sa beauté.

Les scènes dévoilent un Einstein perdu dans ses souvenirs de jeunesse: par exemple sa première femme Eva Mileva, une des premières étudiantes en physique de Suisse, snobée par ce monde d'hommes et à qui même Einstein ne reconnaissait pas de qualité en tant qu'interlocutrice scientifique.

Il se rappelle aussi son premier enfant, Lieserl, renié, et ses deux fils qu'il a par la suite négligés. Il se souvient de Mileva, qu'il humilie et de sa maîtresse qui deviendra ensuite sa seconde femme. Ou de son fils Eduard avec qui il entretient une relation difficile et qui atterrit en asile psychiatrique.


Deux faces

A la fin, Einstein, devenu vieux, s'impose un dialogue avec lui- même plus jeune. Une conversation non dénuée de reproches sur ses relations avec ses proches. Sa notoriété valait-elle la destruction de sa famille?

La pièce met en scène les deux faces d'Einstein. L'une montre le physicien jeune à l'alter ego sans scrupule et l'autre décrit un vieux savant plus réfléchi. Peu après son arrivée aux Etats-Unis, il a aidé des familles de scientifiques juifs à fuir l'Allemagne pour émigrer en Amérique.

La pièce dure une heure et demie. Elle présente la vie du savant de manière chronologique et néanmoins passionnante. /ats

Plus d'infos: www.theatergurten.ch


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