Bousculade meurtrière

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Aveu d'un policier
Le magazine «Der Spiegel» affirmait, documents officiels à l'appui, que le site de la Love Parade avait obtenu l'autorisation d'accueillir seulement 250'000 personnes. Le quotidien de Cologne, «Kölner Stadt-Anzeiger», assurait que le maire conservateur de Duisbourg, Adolf Sauerland, avait été averti par écrit en octobre 2009 que le terrain de l'ancienne gare de fret était trop petit.
«Même si une enquête est toujours en cours, il est évident que les responsables de la ville de Duisbourg ont complètement échoué», accusait le quotidien local «Neue Rhein Zeitung» (NRZ) dans son éditorial.
«C'est la ville et les organisateurs qui en sont responsables», a renchérit Rainer Wendt, officier de police et dirigeant du syndicat national des forces de police. «Je les avais mis en garde il y a un an, en disant que Duisbourg n'était pas un lieu approprié pour une Love Parade. On y est trop à l'étroit, trop gêné», a-t-il déclaré.
Cynisme dénoncé
«Même le soir de l'accident, alors que des personnes gravement blessées étaient en train de mourir à l'hôpital, des responsables tentaient avec lâcheté de se trouver des excuses, défendant même leur plan de sécurité», poursuivait le journal. «La réaction cynique du maire qui a dit que le comportement des victimes était en partie en cause est inacceptable», selon le NRZ.
Selon le quotidien «Bild», des passants ont lancé des ordures à M. Sauerland dimanche lorsqu'il s'est rendu sur les lieux, avant de l'injurier et de le siffler copieusement. Le maire de la ville n'a pas exclu une démission lundi.
Dès samedi une enquête a été ouverte sur «toute une série de questions sans réponse», selon l'expression du porte-parole d'Angela Merkel, Ulrich Wilhelm, lundi. «Une vision d'ensemble et une analyse correcte de ce qui s'est passé et des erreurs qui ont pu être commises ne sera possible que lorsque l'enquête sera terminée», a-t- il averti.
Recueillements
Sur place, devant l'entrée du tunnel, seul accès au site de la fête techno, et où a commencé la bousculade, des anonymes ont allumé des centaines de bougies. Ils ont aussi déposé des fleurs et des petits messages à la mémoire des victimes.
Sur un registre de condoléances improvisé, certains laissaient exploser leur colère. «Cet événement n'aurait jamais dû avoir lieu ici», selon l'un d'entre eux. «Vous devriez avoir honte», indiquait un autre tandis qu'un message signé «une mère» accusait: «Les organisateurs ont envoyé nos enfants à la mort».
Depuis samedi soir, les télévisions diffusent en boucle des images édifiantes tournées par des amateurs montrant des corps inanimés transportés au dessus de la foule ou de jeunes à terre écrasés par d'autres. Parmi les morts figurent 11 femmes et 8 hommes, dont sept étrangers - deux originaires d'Espagne, un d'Australie, un de Bosnie-Herzégovine, un de Chine, un d'Italie, un des Pays-Bas.
Le propriétaire de la marque Love Parade, le fondateur de la chaîne de salles de sport «low cost» McFit Rainer Schaller, a annoncé qu'il n'y aurait pas de nouvelle édition de la fête qui avait vu le jour en 1989 à Berlin. /ats
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