Edito AIJ 11.12.09 22:58

AIJ: l’année de tous les dangers

Editorial de Pierre-Alain Brenzikofer

2010 sera-t-elle l’année de tous les dangers pour l’Assemblée interjurassienne? Si elle a longtemps oeuvré pour renouer les fils du dialogue interjurassien, son rapport final a forcément mis un terme à cette période de détente et de sérénité. Pourtant, n’a-t-elle pas choisi de présenter deux pistes – la création d’un nouveau canton et le statu quo + –, plutôt que d’aller droit dans le mur où l’attendaient ses détracteurs?




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Toujours est-il que dès l’an prochain, elle prendra son bâton de pèlerin pour exposer le fruit de ses cogitations aux corps constitués comme à la population. Le moins qu’on puisse écrire, c’est que ce parcours sera semé d’embûches. Saura-t-elle enfin battre en brèche l’indifférence des peuples? Devra-t-elle payer un tribut à ces années de vaches maigres annoncées? Dame, ne murmure-t-on pas que la Confédération, confrontée à d’autres défis, serait sur le point de retirer ses billes et sa manne financière pour mieux laisser se débrouiller Jurassiens et Bernois? Façon comme une autre de marteler que, décidément, la Question jurassienne n’est plus une questions suisse. Nous n’en sommes certes pas encore là et on peut compter sur les Jurassiens pour retarder cette échéance. Contrairement aux Bernois, ne tiennent-ils pas dur comme fer à cet arbitrage suprême?
Et puis, le mois de mars 2010 verra le souverain bernois renouveler ses autorités. De quoi, pour certains acteurs, en appeler à un vote «ferme», histoire de constituer une délégation bernoise à l’AIJ plus conforme, selon eux, aux aspirations de la population des trois districts.
Last but not least, d’aucuns en appellent déjà, à mots plus ou moins couverts, à la dissolution de l’Assemblée après cette phase interactive. Force démocratique l’a exigé clairement lors de son récent Congrès. Quant au conseiller national agrarien Jean-Pierre Graber, il a, lui aussi, esquissé cette éventualité dans une récente interpellation.
Oui, 2010 sera bel et bien une année charnière pour ce cénacle. Que l’on n’oublie pas pour autant ses innombrables mérites! Sans l’AIJ, Jura et Jura bernois en seraient toujours à dresser des barricades. Puisse ce temps-là ne jamais revenir...




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