Un pavé dans l’interactivité

Coup d’éclat, hier soir, à Champoz, au terme de la séance de
l’AIJ. Alors que cette dernière dévoilait le menu de ses séances interactives
d’information, les auteurs du Rapport de minorité ont crié au scandale parce
qu’ils ne seront pas chargés de le présenter...
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L’AIJ, comme on le sait, a reçu le mandat de la Conférence
tripartite de conduire des séances d’information interactives relatives à son
rapport final sur l’avenir institutionnel de la région. Ce sont ainsi 25
séances qui seront mises sur pied dans le Jura et le Jura bernois à l’intention
de divers corps constitués, ainsi que de la population.
Toutefois, au terme de la conférence de presse d’hier soir,
les auteurs du Rapport de minorité prônant en quelque sorte le statu quo,
Sylvain Astier, Annelise Vaucher, Claude Röthlisberger et Marc Früh pour le
Jura bernois, et René Schaffter pour le Jura ont crié au scandale. Ils
n’acceptent pas que leur document ne soit pas présenté par eux. «L’AIJ nous a
imposé le président Serge Sierro, a déploré Claude Röthlisberger. Pour nous, il
s’agit d’une conspiration jurassico-valaisanne.»
Visiblement courroucés, les intéressés ont écrit à la
conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf pour lui demander de s’engager et
d’user de toute son influence «afin que le droit fondamental revenant au Groupe
minoritaire puisse être garanti. Ainsi, la présentation du rapport minoritaire
doit revenir à un membre du groupe auteur du rapport.» Les gouvernements jurassien
et bernois recevront une copie de cette lettre. «Qui mieux que nous, pour des
questions de transparence, peut présenter ce rapport?» s’est interrogé Sylvain
Astier. Lequel a asséné qu’à l’exception de l’AIJ, tous les Etats constitués
reconnaissaient ce droit aux minorités.
Quant à Marc Früh, il a ajouté que le Rapport de minorité
représentait paradoxalement l’avis de la majorité des habitants du Jura
bernois. Enfin, Claude Röthlisberger a donné rendez-vous à l’opinion le 28 mars
prochain, date des élections cantonales. Façon de relever qu’à cette date, le
peuple permettrait peut-être de désigner une délégation bernoise à l’AIJ plus
conforme aux aspirations de la population. Longue parenthèse fermée...
En début de conférence, le président Serge Sierro a
longuement évoqué cette phase interactive. Ainsi, 25 séances seront organisées,
dont six à l’intention de la population, en principe dans chaque chef-lieu de
district. Les autres seront réservées au CJB, qui ouvrira les feux le 6 janvier
à La Neuveville; aux élus fédéraux, cantonaux et aux magistrats; aux élus
communaux et aux bourgeoisies; aux milieux économiques; aux mouvements
politiques, ainsi qu’aux milieux culturels, sportifs et religieux. On s’en
voudrait d’oublier le CAF biennois. Par contre, la population biennoise ne sera
pas conviée à ces agapes.
Précision amusante, la presse ne pourra assister qu’aux six
séances destinées à la population.
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