«Sans Bienne, pas de solution à la Question jurassienne...»

COURTOIS Dirigé par Daniel Bachmann, le débat mettant aux prises Hans Stöckli et Maxime Zuber s’est fait à fleurets mouchetés. (STÉPHANE GERBER)
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«Hans Stöckli a plus de chance que moi qui n’ai jamais été invité par FD», a ironisé Maxime Zuber. Pour ce dernier, le rapport de l’AIJ est globalement positif, «qui fait triompher nos idées». Il maintient que Bienne n’était pas concernée par l’Accord du 25 mars, document préparé notamment par Hermann Fehr, un ancien maire de Bienne.
«Il reste à définir comment nous pourrions intégrer Bienne, qui a fait preuve de plus de courage que le CJB en faisant savoir qu’il appartenait à la population du Jura et du Jura bernois de décider de son avenir.»
Son adversaire a décelé deux problèmes majeurs pour Bienne: «Les relations avec le Jura bernois sont intenses. Une nouvelle frontière les compliquerait. Il faut réfléchir à une autre solution.» Le visiteur a aussi évoqué le problème des francophones. Sans le Jura bernois, les Romands du canton passeraient de 8% à 3% environ. Conséquences? Berne ne pourrait plus assurer le bilinguisme. De plus, aujourd’hui, il n’existe aucune ligne de démarcation entre Romands et Alémaniques. Certains francophones vivent à Nidau et on trouve des Alémaniques dans le Jura bernois. Et Hans Stöckli de glisser qu’Eveline WidmerSchlumpf avait dit à l’AIJ qu’il fallait éviter de changer l’équilibre confédéral. «Si Berne n’est plus bilingue, le canton n’aura plus de relations avec les Etats francophones.»
«Est-ce qu’on peut accorder à Bienne un statut d’observateur à l’AIJ?» s’est demandé Maxime Zuber. Si on opte pour le statu quo+, il juge que ce ne sera pas nécessaire, tout étant déjà réglé par le CJB et le CAF. Par contre, si on choisit la piste des six communes, il faudra associer les Biennois pour des problèmes de culture et de formation, notamment. Selon l’orateur, les Romands de Bienne seraient beaucoup plus forts avec un Etat à six communes à leur porte. La ville pourrait même jouer un rôle de pont entre les Romands et un canton de Berne qui resterait forcément bilingue, notamment parce qu’il abrite la capitale. De quoi citer Bernhard Pulver qui a dit la même chose et le vice-chancelier Michel Schwob, pour qui plus une minorité est petite, plus elle mérite d’être protégée.
«Aucune piste n’est assez claire pour ne pas être plus détaillée, plus approfondie. Et Bienne doit pouvoir participer à n’importe quelle solution. On doit nous prendre en compte dès maintenant, a rétorqué Hans Stöckli. Il faut éviter de créer des tensions chez nous.»
Selon lui, les Biennois ne sont pas les otages des antiséparatistes: «Nous avons notre identité propre. Nous luttons pour le bilinguisme. Mais ce problème doit aussi être pris en compte aux échelons cantonal et fédéral.»
D’après Maxime Zuber, la ville doit laisser le Jura et le Jura bernois trouver une solution institutionnelle sans interférer. Et les liens affectifs unissant les trois districts et Bienne ne sont pas si forts que cela. Il y aurait ainsi eu peu de Biennois lors des manifs pour sauver la Boillat, ce que conteste énergiquement son adversaire. Quant au Gouvernement bernois, il doit se souvenir qu’il existe des Romands ailleurs qu’à Bienne et qu’il a intérêt à les soutenir davantage si le Jura bernois s’en allait: «Il serait suicidaire pour lui de s’exclure de toutes ces questions bilingues.»
«Je vois arriver un problème national, a prédit Hans Stöckli. Le Jura n’a pas de taille critique suffisante et on voudrait que 30 000 Romands l’aient?»
Maxime Zuber a tenté de le rassurer en relevant qu’il était hors de question d’ériger une palissade au Taubenloch. «Avec votre entité à six communes, vous créez une nouvelle frontière chez nous», a jugé son rival.
Jamais à court d’idées, Maxime Zuber a promis d’appeler Philippe Perrenoud pour créer une plate-forme entre Bienne et le Jura historique. On attend la réponse avec impatience. /PABR
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