L'interview 05.05.09 20:06

L’intimidation ne mène à rien...

Interview d'Eveline Widmer-Schlumpf



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Réclame
Propos recueillis par Catherine Duttweiler


Madame la conseillère fédérale, vous avez réagi contre les vigoureuses tentatives d’intimidation des séparatistes. Concrètement, qu’avez-vous voulu dire?


Je ne veux pas entrer dans les détails, mais il est important de ne pas se laisser mettre sous pression. Les tentatives d’intimidation n’amènent rien. Avec ce rapport, les deux gouvernements cantonaux ont démontré qu’il est possible de trouver des solutions satisfaisantes. Ce qui vaut pour le présent devrait aussi valoir pour l’avenir.


L’AIJ propose une votation populaire. Est-ce judicieux?

C’est aux deux cantons de décider. Mais du strict point de vue de l’exercice des droits démocratiques, c’est une éventualité qui mérite réflexion.


Si le problème jurassien est à nouveau soumis au verdict populaire, le danger existe que les émotions d’antan remontent à la surface...

Oui, mais après tout, le canton du Jura existe maintenant depuis plus de 30 ans. Et c’est une autre génération qui forge actuellement le discours public. Peut-être n’y aurait-il plus aujourd’hui la même effervescence, la même virulence que par le passé? C’est au canton de Berne de juger si c’est opportun.


Vous considérez votre rôle comme celui d’une médiatrice et ne prenez position qu’avec beaucoup de retenue.Pourquoi?

Dans l’Accord de 1994, le rôle de la Confédération est clairement défini: elle peut intervenir comme médiatrice et se veut l’interlocutrice des cantons. Raison pour laquelle j’en ai appelé aujourd’hui au respect et à la tolérance des protagonistes. Le mariage forcé ne fait pas partie de nos mœurs.


Si une nouvelle entité cantonale voyait le jour, la situation des Romands de Bienne serait fragilisée. Qu’en pensez-vous?

Je partage votre point de vue et, c’est mon avis personnel, ce serait très dommage. Le bilinguisme est véritablement une caractéristique du canton de Berne, une valeur culturelle. Moi-même, je viens d’un canton trilingue, et je sais quelle chance c’est, et aussi combien c’est important, d’avoir dans un canton plusieurs langues et plusieurs cultures qui se complètent. /CD



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