Pas de solution à la QJ sans Bienne

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Vivian Bologna
C’est un maire de Bienne assailli par les médias de tout le pays qui a tenu à rappeler hier qu’une solution à la Question jurassienne ne pouvait être trouvée sans tenir compte de l’existence de la «plus grande ville bilingue de Suisse». Même si jusqu’ici la ville de Bienne a adopté une position neutre dans la QJ (et pour cause, puisqu’elle obéissait à l’Accord du 25 mars), Hans Stöckli signale que les autorités biennoises «demandent que le rapport et ses conséquences soient étudiés de manière approfondie par le Gouvernement bernois». Le maire souhaite ardemment que ce dernier consulte la Ville de Bienne de manière active au cours des six prochains mois. «Et il n’est pas question que quelqu’un nous représente», ajoute Hans Stöckli, tout en précisant que le Conseil des affaires francophones prendra contact avec le Conseil du Jura bernois et que les autorités biennoises en feront de même avec la Conférence régionale afin d’intensifier les relations de la cité seelandaise avec le Jura bernois. En revanche, le maire se refuse à révéler quels seront les instruments concrets dont les autorités municipales et le CAF disposeront pour faire entendre leur voix dans le contexte de la Question jurassienne.
Car la Ville se doit de rester vigilante à l’égard de sa population francophone. Impossible en effet pour Hans Stöckli de concevoir une ville de Bienne complètement isolée face à un nouveau canton, un scénario qui remettrait gravement en question l’essence même de la capitale du bilinguisme. S’il ne se prononce pas sur sa préférence entre les solutions du Statu quo+ et celle du canton à six communes, le maire de Bienne relève toutefois qu’un nouveau canton réunissant Jura et Jura bernois poserait sérieusement la question du biliguisme dans le canton de Berne, dans lequel il ne resterait que 20 000 francophones, ceux de Bienne, face à 900 000 Alémaniques. «Nous voulons rester une ville bilingue dans un canton bilingue!», a-t-il martelé.
Des propos corroborés par Béatrice Sermet lors de la conférence de presse mise sur pied hier soir par le CAF et les communes d’Evilard et de Bienne. «Le CAF attend qu’on mette un terme à l’exclusion du district de Bienne et que celui-ci devienne un partenaire de discussion, a ainsi indiqué Béatrice Sermet, présidente du CAF. Et dans ce sens, Philippe Perrenoud nous a déjà assuré que nous serions consultés. Mais c’est aussi ce que prévoit la Loi sur le Statut particulier.» Le CAF souhaite également ardemment que toutes les conséquences du rapport de l’AIJ sur le district de Bienne soient analysées en profondeur.
Par ailleurs, tant les autorités d’Evilard et de Bienne que le CAF espèrent contribuer à un climat de dialogue constructif pour permettre au district de Bienne de trouver sa juste place dans la suite des travaux. /VB
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