Une question financière

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Pierre-Alain Brenzikofer
Vivian Bologna
Philippe Oudot
Membre de la délégation bernoise, le radical Walter von Kaenel a aussi été le président de la commission Institutions de l’AIJ et, à ce titre, a joué un rôle important dans ce rapport final. Jusqu’à hier, l’homme s’était toujours refusé à faire le moindre commentaire. Il peut désormais faire part de ses états d’âme.
En tout cas, Walter von Kaenel dit avoir assumé sa charge «sans état d’âme, avec comme seul objectif de mener à bien ma mission dans le temps imparti. Je crois pouvoir affirmer que nous avons fait du bon travail!» Et à ceux qui disent que le rapport ne tient pas assez compte du statu quo, il rétorque que c’est une question d’appréciation, car il a fait l’objet du volumineux rapport numéro 4 de l’AIJ.
Quant au fait que le rapport final soit contesté par plusieurs membres de l’AIJ qui ont rédigé un rapport de minorité, il considère qu’il aurait été utopique d’imaginer qu’un tel rapport puisse faire l’unanimité. «Leurs propositions ont été débattues et rejetées en 1re lecture, puis en 2e lecture, ils ont donc saisi la possibilité de rédiger un rapport de minorité prévue.»
René Schaffter
Seul représentant UDC de la délégation jurassienne, René Schaffter n’est pas tendre avec le rapport de l’AIJ. A tel point qu’il n’a pas hésité à signer le rapport de minorité. «D’une part, parce que je suis membre du groupe UDC, et que je suis mon groupe, et d’autre part, parce que je suis allergique à l’idée d’un canton à six communes. Réduire le district de Delémont à une seule commune rendrait cette dernière ingérable! Ce sera peut-être possible dans 50 ans, mais aujourd’hui, c’est trop tôt.»
Dénonçant un rapport orienté, il relève que la volonté de réunification du Jura est avant tout une question financière, «car chez nous, le gouvernement a vilipendé l’argent public et fait face à un énorme déficit structurel», avec notamment près de 800 fonctionnaires. Foncièrement allergique aux mouvements de lutte, René Schaffter constate que ce sont les attaques incessantes du MAJ qui ont braqué la population du Jura bernois, et que ce n’est pas comme cela que le Jura arrivera à se concilier les bonnes grâces des Jurassiens bernois.
Christoph Stalder
Député radical et ancien président du Grand Conseil, Christoph Stalder juge certes utile ce rapport mais le considère comme incomplet. Il relève que le Jura est aujourd’hui un canton faible et qu’il tirerait profit d’une entité à six communes sur le plan économique. Mais pour ce fin connaisseur du Jura bernois, le rapport de l’AIJ est un document technocratique qui ne tient pas compte de la réalité politique actuelle et fait abstraction du passé.
Aujourd’hui, il attend du Conseil exécutif qu’il réagisse et qu’il livre au Grand Conseil une étude sur les effets concrets du statut particulier du Jura bernois, les compétences qu’il a reçues en matière de culture et d’enseignement. S’agissant de la suite à donner au rapport, il craint que la campagne d’information interactive que propose l’AIJ ne rouvre les plaies aujourd’hui cicatrisées. A ses yeux, il faut se donner une période de 10 ans pour consolider le statut particulier et voir dans quelle mesure il peut être élargi avant d’aller plus avant. Par ailleurs, il souligne que si le rapport de l’AIJ évoque bel et bien la question biennoise, il n’en tient aucun compte. Or, on ne peut pas simplement écarter Bienne du débat comme cela, estime-t-il. /PHO
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