Un simple arrosoir

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Philippe Oudot
Ancien ministre jurassien – et signataire de l’Accord du 25 mars –, François Lachat estime que c’est une bonne chose que cette étude a été réalisée. Il se réjouit aussi de voir l’AIJ proposer d’informer elle-même les populations, «car c’est une instance neutre». En revanche, il déplore fermement l’attitude du Gouvernement bernois qui ne juge pas forcément nécessaire de consulter la population. «Je trouve une telle attitude bien prétentieuse! Le Conseil exécutif semble oublier que tous ceux qui ont moins de 54 ans ne se sont jamais prononcés sur le sujet. Vouloir faire l’impasse sur une consultation populaire est faire preuve d’une belle arrogance!»
En tout cas, l’ancien ministre ne voit pas d’autre voie possible que la création d’une nouvelle entité cantonale, à six communes ou pas. Il considère que le statu quo est une impasse, car le Jura bernois n’aura jamais d’autres prérogatives que de distribuer des subventions. «Berne donne au CJB un arrosoir qu’il remplit d’un peu d’eau et sa seule liberté, c’est de choisir s’il veut plutôt arroser les chrysanthèmes ou les tulipes. C’est un peu court!» Quant à la piste Statu quo +, il la juge aussi sans perspectives.
Vincent Wermeille
Le président du Parlement jurassien constate que le rapport ne dévoile rien de bien nouveau et confirme la pertinence des six communes dans les deux variantes. Les gouvernements jurassien et bernois ont maintenant six mois au maximum pour dire quelle suite ils entendent donner à ce rapport. Mais pour notre interlocuteur, la seule option possible est celle qui va dans le sens de la loi «Un seul Jura».
Et s’ils acceptent la proposition d’une phase d’information interactive, il pourrait se passer deux ans avant que la Question jurassienne ne bouge vraiment. «C’est long, bien sûr, mais il faut faire preuve de patience. En 1994, nous pensions aussi que les choses iraient plus vite. Mais si cela permet d’atteindre le but, eh bien patientons encore.» Pas question toutefois de laisser la situation pourrir: en cas de blocage, Vincent Wermeille rappelle que la loi «Un seul Jura» est simplement suspendue. Le cas échéant, le parlement peut la réactiver et obliger le gouvernement à faire une offre de partage unilatérale à l’attention du Jura bernois. Quant à la solution communaliste, il n’y est pas favorable, car ce ne serait qu’un pis-aller et le but ne serait pas atteint. /PHO
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