Prise de position de la tripartite 05.05.09 13:36

Le mariage forcé n’est pas dans nos mœurs





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Philippe Oudot

Cheffe du Département fédéral de justice et police et présidente de la Tripartite, Eveline Widmer-Schlumpf a salué le travail réalisé depuis 15 ans par l’AIJ. Jouant sur les symboles, elle a rappelé que la 1re séance de l’AIJ s’était tenue le 11 novembre 1994. Cette date commémore l’armistice de la 1re Guerre mondiale et marque aussi le début d’un armistice politique de la région jurassienne longtemps déchirée.

Si la remise de ce rapport final est une étape, elle a souligné qu’il est accompagné d’un rapport de minorité dont les conclusions se distancient de ce document. Et de rappeler que conformément à l’esprit qui sous-tend l’Accord du 25 mars 1994, il ne s’agit pas d’imposer des solutions de l’extérieur. «C’est aux populations concernées dans le Jura bernois et le Jura, qu’il appartiendra de déterminer en premier lieu quel avenir institutionnel elles souhaitent.»

La remise de ce rapport sur l’avenir institutionnel est certes importante pour la région, mais la conseillère fédérale a aussi voulu en relativiser l’importance en prenant de la distance: «Votre région, notre pays, notre planète connaissent des problèmes qui, vous en conviendrez, ont plus d’importance que le tracé d’une frontière cantonale. (…) Le maintien ou la modification d’une frontière ne sont pas des fins en soi. Ils doivent être justifiés par un projet d’avenir, être portés par l’assurance que le modèle est le meilleur pour votre région.»

Elle a aussi rappelé que «rien ne sera jamais imposé. Je comprends que l’agacement de ceux qui estiment que le Jura bernois est l’objet d’une pression, certes devenue plus amicale, mais qui demeure perceptible. Mais je peux vous assurer que le mariage forcé, même suggéré avec trop d’insistance, n’est pas dans nos mœurs.»

Président de la Délégation du Conseil exécutif aux affaires jurassiennes, Philippe Perrenoud a rappelé que les gouvernements se sont donné six mois pour se consulter sur les suites à donner à ce rapport, précisant que la réflexion portera aussi sur le rapport de minorité. Il a aussi indiqué que si le Conseil exécutif a reconnu la communauté d’intérêt entre le Jura bernois et le Jura, il doit aussi tenir compte de celle, différente mais bien réelle, qui existe entre le Jura bernois et Bienne, la ville, la région et sa minorité francophone. Dans ce contexte, il devra aussi tenir compte des répercussions sur cette communauté d’intérêt. Et de rappeler le rôle très important que le Conseil du Jura bernois aura à jouer s’agissant de l’avenir institutionnel du Jura bernois. Et si l’AIJ considère qu’une votation est la fin normale du processus engagé, il a rappelé que «le Conseil exécutif n’a pris à aucun moment l’engagement de consulter de toute manière la population. La question sera examinée comme il se doit d’entente avec le CJB.»

Présidente de la Délégation aux affaires jurassiennes du Gouvernement jurassien, Elisabeth Baume-Schneider a insisté sur la volonté politique du gouvernement de reconstituer l’unité du Jura: «La seule solution à même de régler à satisfaction la Question jurassienne est la création d’un nouveau canton regroupant les six districts historiques d’un Jura millénaire.»

Balayant d’un revers de main le rapport de minorité, elle a aussi écarté l’idée d’un supercanton de l’Arc jurassien, renvoyant un tel projet aux calendes grecques. /PHO


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