Pas de choix, un processus!

La symbolique des drapeaux et le poids de l''Histoire. Un lour fardeau pour la conseillère fédérale. (photo Stéphane Gerber)
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Philippe Oudot
Président de l’AIJ, Serge Sierro a longuement évoqué le contenu des deux rapports (voir page 2) afin d’en arriver aux conclusions consistant en un processus en trois phases: séances d’information interactives; rapport ad hoc auprès de la Tripartite; décision des gouvernements des suites à donner, dont une éventuelle consultation populaire. L’orateur a relevé que «toute démarche unilatérale pourrait être fatale au dialogue interjurassien». Raison pour laquelle l’AIJ propose une Charte de dialogue interjurassien, estimant que cette région doit «changer le ton du débat et impérativement sortir des antagonismes politiques historiques».
Prudente, l’AIJ n’a pas voulu trancher pour une piste ou l’autre: «Ce serait un manque d’intelligence ou de sagesse», a jugé le président. D’où l’idée de ce processus qui ne se focalise pas sur une frontière ou un choix institutionnel.
Président de la délégation bernoise et coprésident de l’institution, Claude Röthlisberger a martelé que c’était la dernière fois qu’il s’exprimait au sujet de cette étude, «attendu que la remise du rapport est censée sceller les travaux y relatifs. La messe est dite. Libre maintenant aux paroissiens d’en faire l’usage qu’ils voudront. Pourtant, mes collègues et moi ne sommes pas tous des enfants de chœur».
De quoi se demander avec humour comment «un pourfendeur de l’AIJ comme moi, second couteau par exellence, se retrouve ici à jouer les premiers rôles». L’homme a rappelé que son parti, l’UDC, avait sérieusement songé à boycotter l’AIJ avant de changer d’avis. Sans vouloir s’exprimer sur le contenu des rapports, il a cependant jugé légitime de relativiser le problème jurassien dans un monde globalisé et en crise: «Quoi qu’il en soit, une pierre supplémentaire est aujourd’hui déposée sur le terrain mouvant de l’après23 juin. L’avenir nous dira s’il s’agit de la pierre angulaire d’un grand édifice ou si elle est appelée à disparaître dans l’oubli et l’indifférence générale.»
Enfin, l’orateur a tenu à souligner que la délégation bernoise avait toujours joué le jeu avec sérieux et honnêteté. Tout comme le canton de Berne, qui n’est jamais intervenu dans les affaires de l’AIJ.
Hubert Ackermann, son homologue jurassien, est longuement revenu sur les débuts de l’aventure, relevant qu’aujourd’hui, la notion de communauté d’intérêt n’était plus formellement contestée: «Il n’en va pas encore de même avec la notion de communauté de destin.» Visant les fonctionnaires, il a glissé que les droits acquis avaient la vie dure et constaté que l’abandon de parcelles de souveraineté n’allait pas de soi. Le rapport de minorité? Il n’apporte que plus de crédit à celui de la majorité! Quant à l’effervescence actuelle, elle prouve, selon lui, qu’il y a bel et bien un problème jurassien: «Le nier n’est pas le résoudre!»
Enfin, l’orateur a invité les Jurassiens à rechercher en priorité ce qui les unissait, jugeant par ailleurs irresponsable de craindre l’incendie et de brandir des allumettes en même temps. D’après lui, le statu quo n’est pas envisageable à terme. Et le peuple doit pouvoir voter. /PABR
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