Olympiades des fromages 28.04.09 14:13 Galerie Film

Entre fromages et écriture, la vie est belle en pleine nature


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(vidéo Stéphane Gerber)
Cinquante chèvres, des vaches, une vingtaine de chevaux, une vue magnifique sur le Plateau et surtout de délicieux fromages pur chèvre au lait cru: nous sommes sur les hauteurs de Vauffelin, chez le fromager-écrivain Jean-Pierre Rochat, un personnage aussi atypique qu’attachant.



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Gilles Bürki

A 56 ans, Jean-Pierre Rochat fait ce qu’il a toujours voulu faire et qu’il a du reste toujours fait: vivre au beau milieu de la nature. Après s’être vu renvoyé de l’école du Pasquart, à Bienne, pour cause d’indiscipline, après avoir fréquenté une école mennonite à Moron - neuf élèves sur 30 étaient les enfants des instituteurs… -, après avoir travaillé dans différentes fermes et avoir pratiqué le métier de berger de 16 à 21 ans, ce Biennois d’adoption né à Bâle s’est installé, en 1974, à la Bergerie de Vauffelin, à 1000 m d’altitude. Un domaine qu’il n’a plus quitté et qu’il loue à la bourgeoisie de la commune. Depuis, il est libre, Jean-Pierre Rochat. Autant qu’on puisse l’être, il est vrai, lorsque l’on doit s’occuper quotidiennement d’un troupeau de cinquante chèvres, de plusieurs vaches et d’une vingtaine de chevaux.
En compagnie de sa femme Pasqualina, il pratique notamment l’élevage chevalin. «Je possède deux étalons reproducteurs et cinq ou six poulinières, raconte ce passionné d’écriture qui a déjà plusieurs livres à son actif (lire ci-dessous). Ma fille Jessica est écuyère. C’est elle qui prépare les chevaux en les formant à la selle et à l’attelage. Ensuite, on les vend vers l’âge de trois ans.»
Ce n’est pas tout, puisque ce personnage aussi atypique qu’attachant possède également une quinzaine de vaches. «Uniquement des vaches alaitantes, précise-t-il. Autrement dit, leur lait n’est pas destiné à fabriquer du fromage, mais plutôt à nourrir les veaux qui, eux, sont destinés à la boucherie. Un professionnel de Loveresse nous les bouchoie, puis on commercialise nous-mêmes la viande que l’on vend à des privés.» Des saucisses sont également confectionnées et écoulées tous les samedis au marché de la place du Bourg, à Bienne. Au même titre que le pain fabriqué chaque vendredi. «Avant, on cultivait notre seigle ou notre blé, mais c’était devenu trop compliqué. Alors maintenant, on achète tous les ingrédients», admet celui qui est aussi le père d’un musicien et d’un mathématicien.
Mais, on l’a mentionné en préambule, Jean-Pierre Rochat est aussi et surtout un fromager. Sa spécialité? Le fromage pur chèvre au lait cru «tout à fait naturel» qu’il produit en petite quantité là même où il confectionne son pain - soit dans une pièce d’à peine 15 m2, la cuisine ne répondant plus aux normes d’hygiène actuelles - et qu’il stocke dans une petite armoire frigorifique. «On fabriquait également du fromage au lait de vache. Mais comme on vendait mieux le pur chèvre, on s’est spécialisé là-dedans», argumente-t-il.
Jean-Pierre Rochat est certes aussi connu pour ses chevaux et ses livres, mais les fromages et les chèvres sont sans doute sa marque de fabrique. Et de ses chèvres, justement, parlons-en. En arrivant à la Bergerie, ce sont elles que l’on remarque en premier. Particulièrement durant la mauvaise saison, lorsque le troupeau d’une cinquantaine de bêtes est parqué dans un enclos jouxtant les bâtiments de la Bergerie. Les chèvres y disposent d’igloos en plastique leur permettant de s’abriter lorsqu’il neige et qu’il vente. En été, par contre, elles ont tout loisir de gambader dans le pâturage alentour, d’une superficie de cinq hectares.
Inutile de dire que quand on a passé toute sa vie en compagnie de ces sympathiques bestioles, on noue avec elles une certaine complicité. «Celle-ci, on l’appelle Pot-de-colle», fait remarquer notre homme pour expliquer la soudaine marque d’affection dudit animal envers le photographe. Et d’enchaîner avec la distribution quotidienne de granulés, qui s’ajoute à celle de foin.
L’amour pour ses bêtes et pour la nature, voilà donc peut-être le secret de Jean-Pierre Rochat pour fabriquer des fromages à son image: simples, authentiques et qui ne laissent pas indifférent. /GB


Une passion dévorante pour les livres

Eleveur réputé de chevaux de la race franches-montagnes, berger et fromager par passion, Jean-Pierre Rochat est également un écrivain de talent, qui a commencé à pratiquer l’écriture dans les années 70. Mais ce n’est qu’en 1982, après une dizaine d’années d’interruption - «à l’époque, je ne m’occupais plus que d’agriculture» - qu’il reprend petit à petit la plume avec, il faut bien l’admettre, un certain succès: huit livres publiés à ce jour et quelques prix littéraires, dont celui du canton de Berne pour Hécatombe, en 1999, un recueil de nouvelles «bucoliques».
Autant d’ouvrages, quoi qu’il en soit, qui reflètent à la fois sa jeunesse insoumise - avant de devenir berger, Jean-Pierre Rochat a notamment effectué un bref passage en maison de correction - et son amour pour la vie simple de la campagne. «Mon style a bien sûr évolué avec le temps, fait-il remarquer. Dans Berger sans étoiles, mon premier livre (réd: une autobiographie), j’ai employé un style d’écriture très direct, reflétant presque le langage parlé. Puis je me suis lancé dans des œuvres plus poétiques, tout en restant simples».
Ses auteurs favoris? «J’aime beaucoup Ramuz, mais aussi certains écrivains sud-américains», souffle-t-il en précisant que c’est au réveil - soit vers 4 ou 5h du matin, «mais il peut aussi arriver que je me loupe» - qu’il s’adonne à la lecture. Et à l’écriture, bien sûr. «J’écris tous les jours, uniquement le matin. Parce que le soir, je n’ai plus d’idées», révèle ce passionné de littérature.
Ne reste plus qu’à attendre la parution de son prochain livre, qu’il a déjà commencé. /gb


Recette de chèvre chaud

-  Placer un fromage de chèvre dans du papier d’aluminium.
-  Assaisonner à volonté de poivre et d’herbes aromatiques. On peut également
   déposer autour du fromage de l’oignon et de l’ail coupés fins.
-  Refermer le papier d’alu.
-  Placer dans le four à 220°C pendant 20 minutes ou jusqu’à ce que le fromage
   commence à fondre.
-  Servir par exemple comme accompagnement des grillades.




Video:
(vidéo Stéphane Gerber)


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