CJB - CAF 19.11.09 09:26

Le canton de Berne appartient pleinement à l'espace romand

Lors de leur entrevue annuelle, le CAF et le CJB ont fait un tour d'horizon des dossiers touchant la population francophone du canton. Notamment la suite des travaux de l'AIJ, et la présidence bernoise de la Conférence des gouvernements de Suisse occidentale.



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Philippe Oudot

Alors que la Conférence tripartite s'apprêtait à siéger hier à Berne sous l'égide de la conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf, le Conseil du Jura bernois (CJB) et le Conseil des affaires francophones du district bilingue de Bienne (CAF) ont fait le point sur la séance plénière qu'ils ont tenue mercredi dernier. Présidente du CAF, Béatrice Sermet a rappelé qu'avant cet été, les deux instances avaient déjà pris position quant aux suites à donner à l'étude de l'AIJ sur l'avenir institutionnel de la région interjurassienne.

Le CAF, a-t-elle souligné, n'a pas l'intention de s'immiscer dans les choix du Jura bernois, mais quelle que soit la piste qui sera finalement choisie, il demande de conduire des études complémentaires sur les relations entre Bienne et le Jura bernois. Béatrice Sermet a en effet rappelé les nombreux liens entre les deux régions, que ce soit en matière d'économie, de transport, de soins, de formation ou de culture. Elle a relevé que le CAF ne se prononcera que lorsque la région interjurassienne aura décidé de son avenir - commun ou pas.

Au nom du CJB, Francis Daetwyler a relevé que l'institution qu'il préside était aussi favorable à une étude complémentaire sur les relations entre Bienne et le Jura bernois. Conformément à son mandat, le CJB devra se prononcer sur les conséquences des deux scénarios esquissés par l'AIJ pour le Jura bernois. Le CAF, quant à lui, se déterminera sur les conséquences pour la population francophone du district de Bienne. Avant de se prononcer sur la suite que les deux cantons entendent donner au rapport de l'AIJ, les deux conseils ne manqueront pas de s'informer mutuellement et de coordonner leurs travaux.

Lors de la séance plénière, le CAF a par ailleurs informé le CJB qu'il réfléchissait à la façon de coordonner ses prises de position avec celle des communes de Bienne et d'Evilard, afin de parler d'une seule voix.

L'année prochaine, le canton de Berne assumera la présidence de la Conférence des gouvernements de Suisse occidentale. Le CAF et le CJB ont profité de cette occasion pour adresser une lettre au Conseil exécutif afin d'insister sur le fait que «le canton de Berne constitue une composante importante de la Suisse romande et qu'il joue un rôle de pont dans une Suisse occidentale dont plus d'un tiers de la population est germanophone». Pour marquer l'importance de ce rôle, «nous avons demandé à ce que la 1re séance sous la présidence bernoise se tienne à Bienne», a indiqué Béatrice Sermet. Francis Daetwyler a appuyé ces propos, rappelant que ce rôle de pont entre les deux cultures figure dans la Constitution cantonale.

Autre point à l'ordre du jour traité lors de leur assemblée plénière commune: le droit de codécision dont disposent le CAF et le CJB pour les affaires de l'Instruction publique. La partie francophone ayant rejoint la Convention scolaire romande, l'édiction d'un plan d'études commun va transférer certaines compétences du niveau cantonal à l'échelon intercantonal. Les deux conseils ont donc écrit au gouvernement pour qu'il les informe sur les conséquences que cette adhésion aura sur leur fonctionnement, étant entendu qu'il s'agit de conserver l'esprit de la loi sur le statut particulier.

Lors de la séance plénière, les participants ont également pris connaissance du rapport sur le projet de conception du Centre de formation professionnelle du Jura bernois. Une étude complémentaire sur les écoles de maturité spécialisée est en cours et doit être rendue d'ici à l'été 2010. En attendant, les deux conseils vont prendre une première position d'ici à la fin de l'année et reprendront le dossier en temps voulu.

Enfin, le CAF a présenté au CJB son projet de lignes directrices en matière de culture qu'il a récemment révisée, mais qui n'ont pas encore été adoptées par le plénum. Comme l'a relevé Francis Daetwyler, de plus en plus de projets culturels régionaux font l'objet d'un financement croisé - une vingtaine aujourd'hui. Il a indiqué que les conseils s'engagent à poursuivre dans cette voie. /PHO




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