A la conquête de l’or

Keystone.
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| Réclame |
«Je n’ai pas moins de pression avec cette blessure», assure le champion du monde du super-G. «J’ai toujours l’espoir de décrocher une médaille, peut-être en or, et on est beaucoup d’athlètes à partager cette envie-là... Il ne suffira pas de le dire ou d’y penser très fort pour le faire. Il faudra bien skier et avoir un peu de chance.» Les Jeux ne sont pas toujours bons amis avec les favoris désignés (lire ci-dessous).
«Le statut de favori n’est pas pénalisant en soi, c’est tout ce qu’il y a derrière», précise le Neuchâtelois. «A moi de tirer profit de mon expérience et de gérer cela comme il faut. De me faire aider par Swiss-Ski par rapport aux demandes des médias. Quand on doit répéter trente fois la même chose en français, suisse allemand, allemand et anglais, ce que l’on dit finit par faire son chemin dans la tête. Ce n’est pas une préparation psychologique idéale avant une course.»
Le fumet des JO reste incomparable. «Leur rareté, leur histoire en font quelque chose de spécial, mais sans être péjoratif, c’est un événement monté en épingle par tout le monde – sponsors, médias, public, athlètes – et on est tributaire de ça», relance Didier Cuche. «En général, sauf pour le hockey, le curling et le ski de fond, tout se passe tous les quatre ans en une minute et trente secondes! Imaginez tout ce qui doit jouer en notre faveur pour espérer décrocher une médaille...»
Et l’idéal olympique? «On essaye de promouvoir une certaine pureté, mais on peut se demander ce qu’il reste de l’idéal initial», songe le Vaudruzien. «On interdit aux équipes et aux athlètes d’avoir leurs sponsors sur les habits au profit des partenaires de Swiss Olympic ou du CIO. Il y a une grosse histoire de sous là derrière. L’énorme machine qui se trouve derrière la vitrine sportive n’est pas toujours facile à gérer. Il faut arriver à mettre cela de côté pour se concentrer sur l’essentiel: les compétitions.» Avec trois éditions dans le rétro, Didier Cuche sait comment empoigner un tel événement. «Je fais désormais abstraction des choses dont je n’ai pas le contrôle.»
Refuser ce qui déstabilise, accepter ce qui encourage: la formule est gagnante. Surtout quand on suscite une telle vague d’admiration dans le pays. «Il y a un côté un peu excitant d’aller quand même viser une médaille aux Jeux olympiques avec un pouce cassé une semaine avant, mais on n’est pas non plus dans le domaine de l’insurmontable ou du miraculeux», relativise le Neuchâtelois. «Cela sortirait de l’ordinaire, mais je ne serais pas le premier à skier vite avec une main dans le plâtre!»
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